« La viande dans tous ses états »

24.02.2012 à 06:00:00 |
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Le reportage d'Envoyé spécial diffusé le 16 février 2012 sur France 2 a engendré une bronca ces derniers jours.

Certes, le débat a rapidement dévié sur le point de focalisation de l’abattage rituel, revêtant des atours politiques et faisant même oublier l’animal. Une récupération qui s’inscrit dans un contexte préélectoral, la France restant la patrie des tragédies, mais aussi des querelles gauloises !
Ce reportage a toutefois permis de soulever la problématique de la sécurité sanitaire et de la bientraitance animale en abattoir. Des dysfonctionnements malheureusement pas nouveaux, et qui constituent une bombe à retardement pour le grand public. En témoignent plusieurs rapports de l’Office alimentaire et vétérinaire et de la Cour des comptes, qui avaient aussi été sévères avec les abattoirs français et leur positionnement européen. Peut-on changer le monde en devisant aimablement entre gens de bonne compagnie ?

La parution du décret du 9 février 2012 ne rassurera pas forcément la population, avec le projet pilote de contrôle de la production de viande dans les abattoirs de volailles et de lapins. Il prévoit la présence non permanente du vétérinaire officiel et l’autorisation pour le personnel de participer aux opérations de contrôle ante-mortem et post-mortem. Ce nouvel essai semble faire écho à une expérience similaire projetée l’an passé dans de gros abattoirs de porcs bretons : elle avait consisté à confier l’inspection de salubrité aux exploitants d’abattoirs. « Comment, en excluant les inspecteurs vétérinaires des abattoirs, le gouvernement pourra-t-il répondre aux légitimes inquiétudes des consommateurs en termes d’hygiène alimentaire et de protection animale ? », s’interroge l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA). Elle appelle d’ailleurs le gouvernement à reconsidérer sa politique et à réunir d’urgence l’observatoire des abattoirs, instauré par l’arrêté du 9 février 2012. D’ailleurs… les associations de protection animale y sont absentes !
Les répliques de ce séisme médiatique auront eu l’intérêt de rappeler l’importance de notre profession face à ces missions de santé publique.

Marine Neveux

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