29/12/2011 | Le Point Vétérinaire.fr

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Écosystème

La valeur de la faune sauvage est-elle quantifiable ?

Cette question, posée en introduction de l’intervention de Monique L’Hostis, enseignante à Oniris, lors du congrès de Lyon début décembre 2011, pose également la problématique de l’évolution de la faune sauvage et de sa place par rapport à l’homme.

Par définition, la faune sauvage, non captive, n’appartient à personne (res nullius). Quels sont les services rendus par celle-ci ? « Ces questions sont récentes dans notre société, sans doute à cause des menaces qui pèsent sur elle », développe Monique L’Hostis. L’origine du terme “écosystème”, utilisé aujourd’hui couramment dans les médias, est intéressante. Depuis le Néolithique, l’homme intervient dans le monde végétal et animal. Ce dernier a longtemps été utilisé sans que l’homme ne se pose de questions. Toutefois, à l’heure actuelle, « nous nous rendons compte que notre nature est épuisable. Quel pourcentage de la population en a conscience ? ». Combien de personnes cherchent à percevoir la biodiversité ? « Nous la saisissons notamment par rapport à notre santé. Nous lui accordons donc une valeur selon notre ressenti et nous distinguons les espèces utiles des dommageables. À ce titre, il est possible d’évoquer les bioagresseurs (virus), les ravageurs (qui abîment les denrées) et les espèces utiles qui participent au maintien de la biodiversité. »

Avant le Néolithique, la nature n’était pas anthropisée mais dépendait uniquement des bouleversements climatiques. Les espèces évoluaient. L’homme, chasseur-cueilleur, faisait partie de la chaîne alimentaire et la notion de valeur n’existait pas. À partir du Néolithique, un changement radical, marqué par le passage d’une économie de prédation à une économie de production, intervient via la hiérarchisation des écosystèmes et l’apparition de la valeur des choses. « Jusqu’au milieu du XXe siècle, ce phénomène évolue avec une amorce d’industrialisation et d’utilisation de la nature, et un début de valeur lui est accordé », poursuit notre consœur. « Il existe aussi une valeur marchande et sociale de la nature. C’est à ce moment qu’intervient la première réglementation (1900–1902) : la notion d’animal nuisible pour l’agriculture apparaît. » Enfin, l’industrialisation et l’agriculture génèrent des catastrophes écologiques non naturelles. « C’est également à cette époque qu’émerge la valeur économique de la nature ». Après cette valeur patrimoniale (source de molécules, réserves génétiques, source de parasites vierges de médicamenteux, etc.), une valeur économique prédomine. « On est obligé de mettre en place des réglementations, voire des amendes ».
Cette valeur économique est un enjeu du XXIe siècle (études, rapports, etc.). « Nous cherchons à atteindre un objectif de compensation en cas d’accident écologique, de chute de biodiversité, etc. »
Quelle est la portée de l’intervention de la profession vétérinaire sur la faune sauvage ? « Cette dernière revêt une valeur scientifique, en termes d’épidémiosurveillance et de santé publique. »  À son échelle, le vétérinaire met en avant la valeur écologique, la diversité génétique au sein d’une espèce, le développement durable, et combat la souffrance animale.

Notre confrère François Decazes évoque également l’idée d’une fondation vétérinaire, d’une part pour former les praticiens, d’autre part pour instaurer une autorégulation des fonctionnements aux soins de la faune sauvage.

Marine Neveux

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