28/09/2009 | Le Point Vétérinaire.fr

La taxe carbone est massivement repoussée par les praticiens

Après plusieurs semaines d’atermoiements, les arbitrages sur la taxe carbone, qui entrera en vigueur dès 2010, ont enfin été rendus par...

Nicolas Sarkozy, le 10 septembre dernier. Le prix de la tonne de CO2 est fixé à 17 €. Cette taxe frappera uniquement les énergies fossiles :le pétrole, le gaz et le charbon. L’électricité, peu émettrice de CO2, sera épargnée. Cela représente une hausse d’environ 4,5 centimes par litre de fioul et de gasoil et 4 centimes par litre d’essence. Le niveau de cette taxe a vocation à s’élever progressivement. Dans certains pays d’Europe, comme la Suède où elle a été mise en place en 1991, elle atteint plus de 100 €. Cette taxe sera universelle et payée par tous les consommateurs d’énergie. Elle sera intégralement compensée par une baisse de l’impôt sur le revenu ou un « chèque vert » pour ceux qui ne sont pas imposables. Une « commission indépendante » sera créée pour garantir la transparence « totale » sur les compensations. Pour les entreprises, la taxe carbone sera contrebalancée par la suppression de la taxe professionnelle. Voilà pour le dispositif… qui ne satisfait personne côté politique. C’est « une demi-mesure », selon les Verts qui regrettent un niveau de taxe trop modeste, « une usine à gaz, pas assez redistributive » pour le Parti socialiste. Seuls l’UMP et Nicolas Hulot, initiateur de cette taxe, s’en satisfont. « C’est un pas important. Le coup est parti avec un certain nombre de principes qui nous étaient chers : la progressivité, les compensations, l’équité sociale », explique le défenseur de l’environnement, tout en soulignant qu’il faudra rester « prudent et vigilant ».
Mais les Français dans leur ensemble, comme les vétérinaires – certes interrogés avant la clarification présidentielle –, sont plutôt hostiles à cette taxe écologique. Elle apparaît comme un impôt déguisé, au mieux comme un coup d’épée dans l’eau. « Ma voiture est indispensable à mon travail et je n’ai pas encore les moyens d’acheter un véhicule“écolo”. De toute façon, je ne pense pas que cette contribution aura un impact quelconque sur la pollution », témoigne un praticien. Mais qui va payer quoi ? Pour que chacun puisse calculer les conséquences de la taxe carbone sur son pouvoir d’achat, et comme chaque situation est particulière, l’association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) vient de mettre en ligne un outil de calcul fondé sur les indications données par le chef de l’Etat (www.taxe-carbone.clcv.org). Il s’agit simplement de répondre à un court questionnaire détaillé sur le nombre de kilomètres parcourus par an, le type de véhicule, de carburant et le type de chauffage. A vos claviers.

Nicolas Fontenelle
Extrait de La Semaine Vétérinaire n°1373

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