25/05/2010 | Le Point Vétérinaire.fr

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La sociologie s’invite en épidémiologie vétérinaire

Pour atteindre les objectifs de prévention et de contrôle des maladies, l’information, la formation mais aussi la compréhension des attitudes des acteurs concernés sont primordiales.

La sociologie peut y contribuer, comme l’ont démontré des intervenants lors des journées de l’Association pour l’étude de l’épidémiologie des maladies animales (AEEMA) les 20 et 21 mai 2010 à l’école d’Alfort.
« En situation de crise sanitaire, même si la réponse se doit d’être la plus rapide possible, la dépossession des responsabilités des populations locales dans l’action, et la désorganisation du quotidien des gens, mal informés sur l’intérêt des mesures mises en place, peuvent être à l’origine de comportements déviants, voire de résistance, nuisibles à la sécurité sanitaire », a expliqué Vanessa Manceron, ethnologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Cela a été le cas dans la région de la Dombes, en 2006, lorsque le virus de l’influenza aviaire H5N1 hautement pathogène y est apparu. Le maire de Joyeux (Ain) apprend la présence du virus sur sa commune par les journalistes et non par le préfet qui a déjà ordonné la mise en place de zones de protection (ZP) et de surveillance (ZS).
Les autorités locales se sont senties désavouées et délégitimées de ne pas avoir été informées en premier lieu et de ne pas avoir été consultées sur le zonage. Le conseil municipal démissionne.
Ce fameux zonage mis en place est le deuxième choc vécu par les habitants. Certains l’ont trouvé arbitraire, d’autres l’ont vécu comme un véritable encerclement. « D’aucuns, même si cela peut paraître choquant, ont même mis en parallèle cette situation avec l’état de siège subi durant la seconde guerre mondiale ! », ajoute l’anthropologue. Les résidents ont confié qu’ils se sentaient « pestiférés et surveillés en permanence par les gendarmes ».

Pour sa part, Emmanuelle Fillion (université de Brest) a expliqué que le comportement d’un individu par rapport à une maladie dépend de la représentation cognitive qu’il s’en fait. Ainsi, pour un éleveur, l’arrivée d’une maladie dans son élevage peut être subie comme une “injustice”, une perte économique et peut le faire passer (à ses yeux) pour un “mauvais éleveur”. Pour d’autres, combattre et repousser la maladie fait partie de leur façon d’exister. Ceci explique les différentes attitudes observées vis-à-vis des mesures de police sanitaire.
Florence Kling (Institut de l’élevage) a, pour sa part, développé les aspects à prendre en compte pour accompagner des changements de technique et/ou de pratiques en élevage dans un contexte épidémiologique donné. Pour ce faire, il est nécessaire d’identifier les facteurs explicatifs des comportements des éleveurs. Ceux-ci reposent sur les connaissances qu’ils mobilisent dans leur activité, la représentation qu’ils ont de la réalité quotidienne, les aspects matériels, et les groupes sociaux avec lesquels ils sont en contact. Tous ces éléments peuvent en effet constituer des freins ou des leviers à un changement de pratiques. Une fois étudiés, ils permettent d’orienter des actions de conseil en élevage, qui peuvent être individuelles ou collectives.
Pour Eric Birlouez, sociologue, « pour faire changer un comportement, il faut informer, former, mais aussi comprendre la représentation des personnes et le contexte dans lequel ils vivent ».

Nathalie Devos
Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1407 du 28/5/2010 en pages 22 et 23

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