06/10/2011 | Le Point Vétérinaire.fr

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Santé publique

La santé se trouverait-elle dans le pré ?

La population agricole est confrontée à des risques professionnels particuliers : chimiques (pesticides, engrais, etc.), physiques (ultraviolets, accidents mécaniques, etc.) et biologiques (virus animaux, moisissures, etc.) susceptibles de nuire à sa santé.

D’où l’enquête Agrican (agriculture et cancer), lancée en 2005 et appelée à se poursuivre jusqu'en 2020, sur la santé en milieu agricole (tous types d’exploitation confondus) et les causes de décès.

Les premiers résultats ont été présentés le 16 septembre 2011 à Tours (Indre-et-Loire), lors d’un colloque de l’Institut national de médecine agricole (INMA).
L’enquête a suivi une cohorte de 180 000 assurés agricoles actifs et retraités sur 12 départements représentatifs des activités agricoles en France métropolitaine (Calvados, Côte-d'Or, Doubs, Gironde, Isère, Loire-Atlantique, Manche, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Somme, Tarn et Vendée).
Les résultats montrent, quelle que soit la cause du décès (cancer, maladie cardiovasculaire, respiratoire, digestive, accident, etc.), une nette sous-mortalité pour la population agricole comparativement à la population générale du même âge et du même département. Ainsi, toutes causes de décès confondues, les hommes et les femmes de la cohorte ont respectivement 27 % et 25 % moins de risque de décéder par rapport à leurs compatriotes.

Une sous-mortalité pour la plupart des cancers

L'enquête Agrican montre aussi que le risque de mourir d'un cancer est respectivement de - 27 % et - 19 % moins élevé chez les hommes et les femmes de la population agricole que pour le reste de la population française. En particulier, elle pointe une sous-mortalité nette pour les cancers liés au tabagisme (larynx/trachée/bronches/poumons), avec respectivement – 50 % et – 40 % chez les hommes et les femmes de la cohorte étudiée. Pour le cancer de la vessie, les tendances sont de – 42 % de risque pour les hommes et de – 40 % pour les femmes.
Par ailleurs, celles de la cohorte ont également moins de risque de succomber à un cancer du col de l'utérus (- 28 %), de l'utérus (- 31 %), du sein (- 25 %) et de l'ovaire (- 11 %) que les autres Françaises.
En revanche, des tendances inverses sont observées pour les mélanomes malins de la peau (+ 1 % de risque chez les hommes et + 6 % chez les femmes). Chez ces dernières, des proportions plus fortes sont notées par rapport à la population générale pour les cancers de l’œsophage (+ 8 %), de l’estomac (+ 5 %) et du sang (+ 2 %).

Nathalie Devos

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1465 du 7 octobre 2011 en page 23

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