« La rurale d’Alfort n’ira pas à Metz »

15.10.2010 à 06:00:00 |
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Alors qu’un rapport propose le transfert de la rurale d’Alfort à Metz, le directeur de l’ENVA nous livre sa position.

La Semaine Vétérinaire : Que pensez-vous du rapport du Conseil général de l’agriculture sur « l’opportunité de créer un nouveau pôle de formation et de recherche vétérinaire à Metz » ? Ne sert-il pas avant tout les seuls intérêts du maire de cette ville ?

Jean-Paul Mialot : La demande du maire de Metz est logique. Dans sa situation, il est contraint de trouver de nouvelles activités pour faire face au départ programmé des militaires. Pourquoi la piste de l’enseignement vétérinaire ?
Je formulerai plusieurs remarques sur le contenu du rapport. D’abord, je regrette que ses auteurs n’aient pas pris davantage en considération la position des quatre directeurs des ENV qui ont été interrogés. Nous l’avons dit, nous recommandons un renforcement des moyens des quatre écoles existantes, tout en augmentant le numerus clausus de quatre-vingts étudiants sur les deux années à venir. Ensuite, je m’étonne de certains chiffres avancés dans le rapport. Par exemple, ce ne sont pas quatre cent vingt étudiants qui sortent chaque année des ENV, mais quatre cent soixante-dix dès cette année… Enfin, je crains que les rapporteurs n’aient pas bien conscience du coût de fonctionnement d’une structure d’enseignement vétérinaire. L’ENV d’Alfort fonctionne déjà sur trois sites (avec Dozulé pour l’équine et Champignelles en productions animales). La solution proposée d’une école Alfort-Metz n’est pas gérable. Notre dispositif actuel pour l’enseignement rural a été validé par l’Association des établissements européens d’enseignement vétérinaire (AEEEV), et c’est aussi le cas pour d’autres ENV françaises.

S. V. : Dans un droit de réponse, vous affirmez qu’Alfort participera, « comme il se doit, aux réflexions et études complémentaires qui seront naturellement initiées à la suite de ce rapport ». C’est-à-dire ?

J.-P. M. : Si tous les scénarios proposés par le rapport ne se révèlent pas viables, y compris la création d’une cinquième école qui a d’ores et déjà été repoussée par le ministre pour des raisons budgétaires, nous sommes prêts à apporter notre contribution au développement d’un enseignement vétérinaire à Metz, sur d’autres bases que l’enseignement initial : formation pour les vétérinaires étrangers, formation continue… Toutes les pistes qui pourraient mobiliser positivement les quatre écoles et la profession.

Nicolas Fontenelle

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1421 du 15/10/2010 en page 16

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