23/12/2010 | Le Point Vétérinaire.fr

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Médicament vétérinaire

La délivrance du médicament par les vétérinaires n’est pas menacée

Le 16 décembre dernier, les éditions du Point Vétérinaire ont organisé une table ronde sur « le médicament dans tous ses états ».

Personne, ni les administrations de l’Agriculture ou de la Santé, ni les pharmaciens, ni les groupements, ni les confrères eux-mêmes ne souhaitent remettre en cause la délivrance par les vétérinaires, les pharmaciens et les groupements.

La rumeur court, insistante. Dans les congrès, les  symposiums, sur les blogs, etc. « Les élucubrations vont bon train pour se préparer au jour où les vétérinaires perdront la vente des médicaments. » Un cataclysme, qui ferait passer à trépas des milliers de cabinets et de cliniques par trop dépendants de la pharmacie. Mais qui veut la peau des vétérinaires ? L’antibiorésistance, les pharmaciens en mal de chiffre d’affaires, les pouvoirs publics, les médias, les groupements d’élevage, certains vétérinaires qui se présentent comme les chevaliers blancs… tout y passe.
Et voilà comment une bonne partie de la profession perd confiance. Alors, la fin de la délivrance, mythe ou réalité ? Sans aucun doute un mythe, selon les intervenants de la table ronde.

Garantir la pharmacovigilance

« En Europe, chaque Etat membre conserve la liberté de légiférer pour réglementer la distribution, sur son propre marché, du médicament vétérinaire. Personne en France ou dans le cadre communautaire, ni la Commission européenne ni aucun pays membre, ne remet en cause le dispositif national français qui repose sur les trois ayants droits : vétérinaires, pharmaciens, groupements, assure Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de l’alimentation au ministère de l’Agriculture. La délivrance par le vétérinaire, nous y sommes attachés. Parce que le praticien est proche de l’éleveur, parce qu’il a une bonne connaissance de l’action du médicament, qu’il est le mieux placé pour exercer une pharmacovigilance et qu’il peut délivrer des conseils avec sa prescription. »
« Le vétérinaire, c’est une relation directe, un contrat de soins, un contrat de confiance avec son client », surenchérit Michel Baussier, vice-président de l’Ordre, même s’il ne nie pas un « conflit d’intérêts » lorsque la prescription et la vente sont rassemblées dans les mêmes mains. « C’est justement pour encadrer ces conflits d’intérêts que nous sommes une profession réglementée. »

Agir en profession responsable

Même Jacky Maillet, le représentant des officinaux, n’y voit pas matière à révolution : « Je n’ai pas de proposition alternative par rapport au schéma qui existe aujourd’hui. »
Christophe Brard, le président de la SNGTV, incite ses confrères à se référer aux guides de bonnes pratiques des antibiotiques et du médicament vétérinaire. « Du fabricant à l’éleveur, le système actuel fonctionne bien, est efficace, estime-t-il. Chaque étape est codifiée. Une réglementation existe. Nous devons agir en profession responsable, respectueuse des bonnes pratiques et lutter fermement contre les comportements déviants. »
Marc-Henri Cassagnes, directeur de la FNGDS, souligne que le système est aujourd’hui concurrentiel et qu’il satisfait les éleveurs.
Quant à la représentante de la Direction générale de la santé, elle ne voit pas clairement quelle est « la valeur ajoutée » du pharmacien par rapport aux deux autres ayants droit.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut nier les dérives des affairistes, au contraire. Les comportements déviants de certaines personnes lancent l’opprobre sur le médicament. De même pour les importations illégales, il est nécessaire que la réglementation soit appliquée, car cela pourrait jeter le discrédit sur toute la chaîne.

Nicolas Fontenelle et Marine Neveux

Voir le compte rendu dans le n° 1432 du 7 janvier prochain de La Semaine Vétérinaire

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