30/01/2009 | Le Point Vétérinaire.fr

La buprénorphine arrive en France via Axience

Depuis le début de XXIe siècle, l’arsenal des outils analgésiquesdisponibles facilement pour les vétérinaires français ne cesse des’élargir. Tant mieux. Progressivement, le retard pris par la Francesur les pays anglosaxons (le Royaume-Uni surtout) se comble, au moinsen termes d’analgésiques disponibles.

L’année 2009 débute ainsi avec un lancement majeur : celui de la buprénorphine, Buprécare®,par Axience. Il s’agit du premier analgésique de palier III (morphinique fort) pour les chiens et les chats en France. C’est le second opiacé “vétérinaire” disponible dans les centrales après le lancement du butorphanol ( Torbugesic® en 2006, puis Dolorex® un an plus tard).
Une durée d’action de l’ordre de six heures est l’une des caractéristiques essentielles de ce morphinique en chirurgie, car cela permet de couvrir la durée de l’opération, le plus souvent jusqu’au réveil de l’animal.
La buprénorphine est indiquée chez les chiens et les chats en analgésie postopératoire, avec un effet sédatif.Elle s’administre avant l’intervention et permet ainsi de diminuer de moitié les doses nécessaires d’α2-agonistes, ainsi que celles d’anesthésiques. Les effets secondaires de ces anesthésiques sont donc réduits, tout comme le coût global du protocole. La buprénorphine peut ainsi être associée à la quasi-totalité des molécules utilisées dans le cadre d’une anesthésie : atropine, acépromazine, kétamine, α2- agonistes (médétomidine, xylazine), barbituriques, propofol, alfaxalone, halothane, isoflurane, etc., ainsi qu’aux anti-inflammatoires non stéroïdiens(AINS). Il n’est toutefois pas recommandé de l’associer à d’autres morphiniques (morphine, butorphanol, fentanyl).
Aux doses habituelles d’emploi, les effets secondaires des morphiniques sont réduits (salivation et bradycardie chez le chien, mydriase chez le chat). La dépression respiratoire, décrite chez l’homme, n’est que rarement observée chez l’animal et souvent sans conséquence clinique. Le résumé des caractéristiques du produit recommande toutefois d’éviter d’utiliser les morphiniques chez les animaux dont la fonction respiratoire est altérée (suspicion de perforation du poumon, par exemple), ainsi que lors de césarienne, en raison d’un risque de dépression respiratoire pour les chiots et les chatons de la portée en péripartum. En effet, les concentrations de buprénorphine dans le lait égalent ou dépassent celles du plasma chez les animaux de laboratoire,d’où cette précaution.

E Vandaele

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1344

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