L’ENVA à Metz, bientôt une réalité ?

15.09.2010 à 06:00:00 |
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Un rapport préconise l’installation de l’école d’Alfort sur une ancienne base aérienne.

Le transfert de l’école vétérinaire d’Alfort à Metz n’a jamais été aussi proche. Plus exactement, le transfert d’une partie de l’ENVA. L’enseignement canin resterait en région parisienne, tandis que la rurale et l’équine partiraient pour la préfecture de la Moselle (à moins que cette dernière ne rejoigne Dozulé en Normandie…). Le directeur de l’école de Maisons-Alfort, Jean-Paul Mialot, doit d’ailleurs visiter dans les prochains jours le site de la base aérienne 128 de Metz-Frescaty, qui doit accueillir l’ENVA. Quant à Dominique Gros, le maire de Metz (PS), il a rendez-vous fin septembre à ce sujet au ministère de l’Agriculture.

Cette scission de l’enseignement d’Alfort est une des solutions préconisées dans un rapport confié au Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux (CGAAER) par le président de la République lui-même. Ce rapport pourrait être rendu public dans les prochains jours. Il met notamment en évidence les carences actuelles en matière de formation et le déficit de praticiens en zones rurales. « Les rapporteurs soulignent que la densité de cabinets vétérinaires est liée à la proximité des écoles (Lyon, Maisons-Alfort, Nantes et Toulouse), provoquant ainsi un déséquilibre, notamment dans l’Est. De nombreux étudiants lorrains, alsaciens ou champardennais sont obligés d’aller étudier en Belgique », indique un proche du dossier qui souligne que la féminisation de la profession entraîne une augmentation des praticiens de ville, spécialisés dans les animaux de compagnie, tandis que l’exercice rural se délite. « Ces considérations plaident en faveur de la création d’une nouvelle école vétérinaire, plutôt orientée vers la pratique rurale et tournée vers la formation d’étudiants issus de pays en voie de développement », détaille-t-il.

Le rapport, déjà remis au ministre de l’Agriculture, avance donc la nécessité de développer un enseignement vétérinaire à Metz, soit par la création d’une école stricto sensu, soit par le transfert de l’ENVA. On peut s’interroger sur un déménagement total de l’ENVA en Lorraine. Ce n’est pas un secret, la construction du centre hospitalier universitaire vétérinaire d’Alfort (Chuva) et ses 3 600 m2 sur trois niveaux a été un effort financier conséquent (15 millions d’euros) pour l’école. Par ailleurs, l’installation de l’Anses (ex-Afssa) dans l’enceinte de l’Ecole est évoqué depuis quelque temps déjà… La scission de l’enseignement, canine à Alfort, rurale et équine à Metz, semble donc l’hypothèse la plus probable.

Si l’ENVA devenait une école vétérinaire n’enseignant plus que la canine, comment s’opérerait la sélection des candidats ? Les vétérinaires sortant de cette école ne pourraient-ils pas revendiquer une “spécialisation” au détriment de leurs confrères issus des autres écoles ? Les mêmes questions se posent pour ceux qui sortiraient du pôle rural de Metz ? Si ce projet est adopté, c’est l’unicité de l’enseignement vétérinaire qui est menacée.

Pascal Ambrosi, Nathalie Devos, Nicolas Fontenelle

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