L’élection de Gérard Larcher au Sénat n’aura pas d’impact sur la profession, pour 47 % des vétonautes

30.10.2008 à 10:00:00 |

Les vétérinaires internautes ne se font pas d’illusion. Pour presque la moitié d’entre eux, le fait que le nouveau président du Sénat soit un confrère ne changera rien à la vie de la profession. Selon un sondage mis en ligne sur le site WK-Vet.fr, 6 % assurent même que du haut de son “plateau”, il oubliera bien vite ses anciens condisciples.

Pourquoi ? Peut-être parce que l’homme est davantage politique que vétérinaire, nous disent encore un tiers des votants. L’action politique accapare, ses arcanes aussi. Tant d’années à serrer des mains, écouter ses administrés, nouer des alliances sous les lambris, instruire et défendre des dossiers si éloignés de son univers professionnel : l’hôpital, la poste, les relations sociales… Maire à trente-trois ans, sénateur à trente-six, ministre à cinquante- cinq, depuis combien de temps n’at- il pas posé son stéthoscope sur le flanc d’un cheval ? Vingt ans. Vétérinaire un jour, vétérinaire toujours, direz-vous. Le souvenir des gestes s’estompe, mais l’âme demeure. Sans doute. Mais défend-on une profession avec une ombre ?

Pourtant, quelques vétonautes, eux, ne doutent pas : il saura nous appuyer, affirment- ils. « Beaucoup de médecins et de pharmaciens font de la politique. Ces deux professions médicales sont remarquablement défendues, constate une vétonaute. Plus de confrères en politique signifie une meilleure défense de notre profession. L’élection de Gérard Larcher est, de ce point de vue, une bonne chose pour les vétérinaires. » Il est vrai qu’en déposant des amendements sur les projets de loi en discussion, en éclairant les autres députés sur tel ou tel point d’un texte potentiellement toxique pour la profession, les vétérinaires présents dans les deux assemblées législatives peuvent avoir une véritable influence, concrète, sur les événements. Mais ce qui est vrai pour un député ou un sénateur “de base” ne l’est pas nécessairement pour le président du Sénat, absorbé par d’autres obligations liées à sa haute fonction et nécessairement moins présent dans le mécano législatif.

En tout cas, la fierté de voir un confrère à la deuxième place de l’Etat transparaît dans quasiment tous les commentaires laissés sur le site, y compris dans ceux envoyés par des praticiens qui doutent de sa capacité d’action. « Bravo à lui et je suis fier qu’il soit vétérinaire », se félicite l’un d’eux. « Cela ne chargera rien, mais c’est quand même le premier vétérinaire à un tel poste de responsabilité », se réjouit un autre. Gérard Larcher pourrat- il agir en faveur de la profession vétérinaire ? Comme le dit une praticienne, « si nous voulons qu’il nous aide, à nous de le solliciter ».

N. Fontenelle

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1332

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