24/02/2011 | Le Point Vétérinaire.fr

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Résidus d’antidépresseurs et d’AINS

L’eau potable est contaminée par des résidus de médicaments

C’est le verre à moitié vide ou à moitié plein. L’eau potable, traitée dans une station de potabilisation, celle qui sort du robinet, a plus d’une chance sur deux de contenir des résidus de médicaments… humains.

Un quart des eaux traitées en contiennent en quantités mesurables (jusqu’à 100 ng/l) et jusqu’à quatre molécules différentes sont présentes dans la même eau. Les eaux brutes de surface, qui alimentent les stations d’épuration, sont plus contaminées encore : la quasi-totalité d’entre elles (87 %) contiennent des résidus de médicaments humains, 10 % des résidus de médicaments vétérinaires. Les nappes phréatiques sont plus propres, puisque “seulement” 57 % contiennent des médicaments humains, 5 % des médicaments vétérinaires. Autant se faire une raison. L’eau qui sort du robinet contient très, très souvent des résidus médicamenteux (antidépresseurs et anti-inflammatoires non stéroïdiens surtout).
Tels sont les enseignements d’un rapport du laboratoire d’hydrobiologie de Nancy (Agence nationale de sécurité sanitaire) qui a étudié l’exposition des “buveurs d’eau” à la présence de résidus de médicaments humains et vétérinaires dans les eaux de consommation humaine. L’étude est représentative. Le plan d’échantillonnage (530 prélèvements d’eaux de consommation) couvre tous les départements (y compris l’outre-mer). Le communiqué commun au ministère de la Santé, à l’Anses et à l’Afssaps se veut plutôt rassurant. Ces résultats sont « conformes aux attentes ». Et le verre est même au trois quarts plein, puisque dans 75 % des eaux traitées, les résidus n’ont pu être quantifiés.

Quant aux risques éventuels associés à la consommation de résidus de médicaments à travers l’eau potable, ils ne sont pas abordés : « Les concentrations détectées [moins de 400 ng/l] sont mille à un million de fois inférieures aux doses thérapeutiques. »
La publication d’un plan d’actions est prévue pour le premier trimestre 2011.

Eric Vandaële


Pour en savoir plus, lire La Semaine Vétérinaire n° 1439 en pages 12-13

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