12/06/2009 | Le Point Vétérinaire.fr

Journées de l'AEEMA et de l'AESA sur l'animal sentinelle

En 1546, le terme de sentinelle désigne « une personne, un soldat qui a la charge de faire le guet devant un lieu occupé par l’armée, de protéger un lieu public, etc. ». Ces notions de guet et de protection ont été reprises en épidémiologie via l’utilisation des “animaux sentinelles”, afin de détecter un danger pour la santé animale ou humaine.

Historiquement, le canari fut l’un des premiers d’entre eux. Dans les années 1870, il est utilisé dans les mines pour détecter la présence de monoxyde de carbone, inodore pour l’homme. A de fortes concentrations, le canari traduit en effet les symptômes d’intoxication mortelle à ce gaz plus tôt que l’homme. En revanche, à de faibles concentrations et sur un laps de temps beaucoup plus important, c’est l’homme qui peut alors être considéré comme une sentinelle pour le canari (il meurt avant l’oiseau).
C’est par cet exemple que Bernard Toma (ENVA) a débuté la première des 30e journées de l’Association pour l’étude de l’épidémiologie des maladies animales (AEEMA), coorganisées pour la troisième année consécutive avec l’Association d’épidémiologie et de santé animale (AESA), les 4 et 5 juin 2009 à l’école d’Alfort. Cette première journée était consacrée aux animaux sentinelles.
Utilisé aujourd’hui dans de multiples domaines de la santé animale, humaine et environnementale, il est tout d’abord essentiel de s’entendre sur la notion “d’animal sentinelle sanitaire”. Notre confrère a donc proposé de le définir comme « un animal (ou une population d’animaux) choisi dans son milieu ou placé volontairement dans un milieu et suivi au cours du temps, afin de détecter précocement une exposition qualitative ou quantitative à un agent pathogène donné ». Cette définition peut s’appliquer tant en épidémiosurveillance ( danger présent) qu’en épidémiovigilance (incertitude sur la présence d’un danger).

« Les oies du capitole » doivent répondre à des critères de qualité

La sentinelle doit répondre à plusieurs critères pour être en adéquation avec ses objectifs (évaluer l’augmentation d’un risque, l’apparition d’un danger, la surveillance d’un accroissement de l’incidence d’une maladie, la diffusion d’une affection dans l’espace). Pascal Hendrikx (Afssa de Lyon) a dressé son portrait-robot : elle doit être représentative de la population ciblée ou la plus à risque, réceptive et sensible à la maladie, assurant une manifestation précoce de signes détectables, être facile à prélever et à observer. En outre, l’indicateur mesuré doit être aisé à collecter, peu coûteux à acheminer, facile à analyser, et les modalités de la surveillance (détection de signes cliniques ou de l’agent pathogène) seront revues régulièrement. Quant au système de suivi, il devra être flexible (selon l’évolution de la situation épidémiologique) et stable dans le temps (maintien de la surveillance). Tout cela conditionne le choix de l’espèce, la taille de l’échantillon, les caractéristiques des outils de diagnostic, la localisation des sentinelles.
Il convient également de prendre en compte le critère d’acceptabilité pour les acteurs de la surveillance, qui passe par exemple par le choix de races plus faciles à observer que d’autres, ou par des compensations financières pour les éleveurs qui y participent, pour éviter un sentiment de lassitude au cours du temps et une baisse de la garde.
Selon Pascal Hendrikx, tous ces critères sont à intégrer dans la prise de décision ultérieure. Ils doivent donc être pertinents (répondre aux objectifs fixés et démontrer une plus-value par rapport à d’autres types de surveillance), réalistes dans leur mise en oeuvre, et permettre de définir un coût/bénéfice.

N Devos

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1364

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