29/08/2008 | Le Point Vétérinaire.fr

Fièvre catarrhale ovine: la reprise virulente fait écho à un rapport sénatorial

L

a sénatrice Nicole Bricq a rendu son rapport d’information sur la gestion de l’épizootie de fièvre catarrhale ovine cet été. Outre l’étude des stratégies sanitaire et financ i è re, il met l’accent sur les différences entre les deux sérotypes et les difficultés sur le terrain.

L’efficacité de la vaccination ne sera pas ressentie cette année

Le plan de vaccination choisi, sans faire l’objet de critiques de la part de la sénatrice, reste un sujet controversé. « La priorité a été donnée aux enjeux politiques et économiques, s’opposant ainsi à l’approche scientifique développée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) , souligne Nicole Bricq. La première campagne de vaccination ne sera pas pleinement efficace, en raison de son caractère facultatif, mais surtout à cause d’un manque de cohérence entre le calendrier vaccinal et les contraintes liées à l’élevage » , sans oublier l’impossibilité de terminer les vaccinations avant la reprise d’activité du vecteur.

Consciente que le ministère de l’Agriculture a opté pour une vaccination facultative en raison des délais de mise à disposition des doses vaccinales, la sénatrice souligne toutefois qu’ « une vaccination obligatoire aurait pu être possible si elle avait été ciblée sur certaines zones géographiques» , comme le conseillait l’Afssa. Il s’agissait de procéder à la vaccination de tous les animaux sensibles des zones indemnes en bordure du front observé fin 2007. La barrière immunitaire, créée avant la reprise d’activité du vecteur, serait peut-être parvenue à bloquer la descente du sérotype 8 vers le sud. Aucune stratégie ne semble avoir été efficace cette année. Le sérotype 1, que la vaccination obligatoire devait arrêter, se répand . Après les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et le Gers – des départements pourtant vaccinés –, la Haute-Garonne, l’Ariège et l’Aude sont maintenant touchés et contraints à une vaccination d’urgence.

« La problématique posée par le sérotype 8 est différente de celle du 1 »

L’arrivée du sérotype 1, imputable au réchauffement climatique, était prévisible. Ses effets auraient pu être minimisés, « En raison de sa moindre diffusion, de la manifestation plus réduite des symptômes chez les bovins et de l’existence d’un vaccin». Le sérotype 8 en Europe et en France suit un schéma bien différent. En raison de son origine accidentelle, due aux activités humaines et à la multiplication des échanges, son apparition était imprévisible, de même que son évolution. Il a surpris par sa rapidité et son ampleur, contraignant les autorités à prendre des mesures d’urgence selon les moyens existants. Cependant, le manque de lisibilité des décisions, les constantes modifications, le traitement difficile des données et l’absence d’anticipation sont réels et regrettables. La logistique, lourde, supportée par les Directions départementales des services vétérinaires (DDSV), ainsi que l’organisation pénible sur le terrain en raison des annonces ambiguës pour les éleveurs et les vétérinaires ont aussi compliqué et ralenti la mise en place d’une politique de protection efficace.

Le calendrier vaccinal ne correspond pas à la réalité de l’épizootie et de l’élevage

La preuve de l’inadéquation entre le calendrier et la réalité de terrain est donnée cet été. L’épizootie connaît un regain rapide et plus virulent, avec un mois d’avance par rapport à l’an passé.

Dès la deuxième semaine de juillet, les pre miers cas cliniques sont confirmés dans de nombreux départements le long de la ligne de front, avec une concentration au centre et à l’est, dans l’Allier, la Saône-et-Loire, le Cher, mais également plus à l’ouest, dans l’Eure, la Sarthe ou encore la Seine-Maritime. Simultanément, une recrudescence des cas de sérotype 1 est notée dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, alors que la vaccination y est obligatoire et devait être réalisée avant le 30 juin.

Certains animaux n’ont pas le temps de développer une immunité avant la reprise de l’activité virale, d’autres passent entre les mailles du filet vaccinal. Un communiqué de la préfecture des Landes, daté du 5 août dernier, invite d’ailleurs les détenteurs de ruminants non encore vaccinés à se mettre en règle. Les foyers de sérotype 1 qui se multiplient sont aussi liés à la négligence ou à l’ignorance de la réglementation par certains possesseurs de petits ruminants qui, en tant que non-professionnels, n’assimilent pas toujours les trois brebis gardées pour tondre le pré à des animaux d’élevage et passent au travers du filet sanitaire.

Parmi ces difficultés, un point positif est à souligner. Jusqu’à présent, les cas cliniques sont apparus dans des élevages ou chez des animaux non encore vaccinés ou vaccinés depuis trop peu de temps pour avoir développé une immunité. Il n’y a pas eu, pour le moment, de cas clinique chez des bovins vaccinés et immunisés.

En l’absence de données expérimentales sur l’efficacité du vaccin, les résultats de terrain sont particulièrement encourageants et devraient contribuer à rassurer les professionnels de l’élevage.

S. Padiolleau

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1324

Voir la carte montrant l'évolution de l'épizootie depuis 2007

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