Ecoles vétos et agros : des fusions sans effusion

03.02.2011 à 06:00:00 |
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Pas de larmes mais pas de hourras non plus. Un an après la création d’Oniris et de VetAgro Sup, les deux écoles issues respectivement de la fusion de l’ENVN avec l’Enitiaa de Nantes et de l’ENVL avec l’Enita de Clermont-Ferrand, le bilan est mitigé.

Du côté des directeurs respectifs, le bilan est plutôt positif. « Les passerelles entre les deux anciens établissements se multiplient, l’objectif étant de créer des programmes communs. Les équipes administratives ont été regroupées, le département de recherche est commun », note Pierre Saï, le directeur d’Oniris. Il déplore toutefois la réduction des crédits de fonctionnement, liés au budget de l’Etat, et celle de la dotation pour la recherche, du fait de ses nouvelles modalités de calcul.

Stéphane Martinot, directeur de VetAgro Sup, met également en avant l’avantage d’avoir supprimé les “doublons” entre les services des deux anciennes écoles. Et il ajoute que la fusion leur a donné le poids suffisant pour monter une unité mixte de recherche commune avec l’Inra de Clermont-Ferrand-Theix, ce qui n’aurait sans doute pas été possible sans elle.

Quant aux professeurs interrogés sur cette fusion, force est de constater qu’ils n’ont guère manifesté d’enthousiasme. Au chapitre des récriminations, certains enseignants lyonnais en canine semblent voir d’un mauvais œil la rurale prendre un peu plus de place. Et tous les acteurs de la fusion ne semblent pas disposés à partager leur savoir-faire. « Nos cultures sont différentes, nous avons encore du mal à nous comprendre », note un enseignant vétérinaire lyonnais qui perçoit un « complexe d’infériorité » de la part des personnels de l’ancienne Enita. Lesquels dénoncent le « mépris » de certains vétérinaires à leur égard…
Nombre d’enseignants n’ont encore pas touché – du doigt ou via les programmes – la réalité de la fusion. Pour l’instant, à Nantes comme à Lyon, il n’existe aucun cours en commun.

Même constat du côté des étudiants. Les deux cultures estudiantines ne semblent pas avoir réellement d’atomes crochus. « Les bureaux des élèves sont indépendants », explique une jeune fille de deuxième année en cursus vétérinaire à Oniris. Elle regrette par ailleurs ne pas avoir été informée plus tôt de cette fusion. « Quand nous étions en classe préparatoire, on ne nous en a jamais parlé, alors que le projet était dans les cartons depuis longtemps. Cela n'aurait probablement pas joué sur les inscriptions, mais c'est toujours mieux de faire le choix d’une école en connaissance de cause ».
A Lyon, Stéphane Martinot, interrogé sur ce sujet, explique que « le plus gros risque avec la création de VetAgro Sup était d’introduire de la confusion dans l’esprit des élèves en classes préparatoires, donc de les voir s’interroger sur l’école dans laquelle ils devaient s’inscrire. Désormais, VetAgro Sup est en ordre de marche et nous allons communiquer bien plus massivement auprès des écoles préparatoires, mais aussi d’autres acteurs avec lesquels nous sommes amenés à travailler ».

Nathalie Devos et Nicolas Fontenelle

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1436 du 4 février 2011 en pages 28 à 31

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