Aucun type de chiens n’est plus mordeur qu’un autre

30.05.2011 à 06:00:00 |
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Une enquête conduite par l’Institut de veille sanitaire (InVS), avec le concours de l’association de vétérinaires comportementalistes Zoopsy, tord (définitivement ?) le cou à une idée largement répandue dans le grand public : il n’existe pas de lien entre la gravité de la morsure et le type de chien mordeur.

« Il n’a pas été mis en évidence que certains chiens étaient plus dangereux que d’autres, ni par la fréquence des morsures ni par leur gravité », notent les auteurs.

Si le berger allemand, le labrador et le Jack Russell sont les races les plus impliquées dans les cas de morsure (sur une centaine au total), ce n’est pas un hasard : ces chiens entrent dans le top 15 des inscriptions au Livre des origines français (LOF).
L’enquête a été réalisée entre le 1er mai 2009 et le 30 juin 2010 au sein de huit hôpitaux*. Au cours de cette période, 485 recours aux urgences pour morsures de chien ont été signalés.

Deux facteurs de gravité mis en évidence : l’âge et le fait de connaître le chien mordeur

Majoritairement (78 %), la victime connaît le chien qui l’a mordue : il vit dans le même foyer (36 %), appartient à une connaissance (30 %) ou à la famille élargie (12 %). Fait nouveau apporté par l’enquête : les adultes présentent des morsures plus graves que les enfants. Jusqu’ici, la littérature mondiale montrait plutôt l’inverse. Ils se font mordre le plus souvent en cherchant à séparer des chiens qui se battent, tandis que chez l’enfant, la morsure apparaît comme une mise en garde, lorsque le chien est irrité. « On peut donc penser que, chez les adultes, le chien exerce moins de contrôle lors de la morsure que lors des mises en garde envers les enfants, estiment les auteurs. Cela pourrait expliquer la gravité plus importante des lésions chez les adultes, les morsures non contrôlées étant sans doute plus graves que les autres. »
La moyenne d’âge des victimes est de 28,8 ans, les moins de quinze ans représentant 36 % des cas. Il n’y a pas de différence significative entre hommes (51 %) et femmes (49 %).

Nicolas Fontenelle

* Les centres hospitaliers (CH) d’Annecy, de Béthune, de Blaye, de Fontainebleau, de Verdun, le Groupe hospitalier du Havre, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Limoges et l’hôpital de la Timone à Marseille. Enquête disponible sur le site.

Télécharger le rapport

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1452 du 27 mai 2011 en page 18

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