04/07/2008 | Le Point Vétérinaire.fr

Assemblée générale du SIMV: tirer des leçons des dernières crises sanitaires en Europe

Le risque de voir se renouveler une crise sanitaire comme celles quel’Europe a subies ces dernières années est réel. Les industriels dumédicament vétérinaire en sont d’autant plus conscients qu’ils sont desacteurs majeurs de la gestion de telles crises. Leur rôle est alors defournir rapidement des moyens de dépistage et de diagnostic (tests,réactifs, etc.), des outils de prévention (vaccins) et de traitementdans des délais les plus courts possible et en quantités suffisantes.

Etre en mesure de répondre rapidement à l’émergence d’une maladie suppose une collaboration des secteurs public et privé, une communication et une complémentarité qui doit se développer aussi bien à l’échelon national, communautaire, qu’international.

Une stratégie coordonnée devraitse mettre en place

La gestion de la crise de la fièvre catarrhale ovine en Europe regroupe, à elle seule, toutes les problématiques liées aux maladies émergentes. La difficulté de prévoir quelle maladie, sous quelle forme, va se développer dans une région donnée à une vitesse donnée est délicate à estimer. Une coordination des moyens de détection et de réponse est alors nécessaire. Lors d’une crise sanitaire, la communication est capitale entre les différents acteurs. Les industriels ont besoin des connaissances des chercheurs pour élaborer des méthodes de détection rapides, selon la technologie disponible, et des
réponses préventives fiables, qui seront utilisées par les vétérinaires et les éleveurs.

« Sur le plan de la communication, nous en sommes encore à l’époque de la préhistoire », a reconnu Monique Eloit (Direction générale de l’alimentation), lors de la table ronde organisée à la fin de l’assemblée générale du Syndicat des industriels du médicament vétérinaire (SIMV), le 1er juillet dernier. Une harmonisation des normes est à espérer au sein de l’Union européenne qui vient de créer un Comité consultatif de santé animale. S’il reconnaît que la création de l’European Technology Platform for Global Animal Health (ETPGAH) a connu « un accouchement dystocique, voire parfois a dépassé le stade de
la césarienne pour justifier d’embryotomies », Etienne Bonbon (direction générale Santé et protection des consommateurs de la Commission européenne) souligne son intérêt pour l’approche globale des maladies et pour la lutte précoce dans les pays qui connaissent le plus de difficultés sanitaires. Une adaptation de l’enseignement vétérinaire est également à l’étude, pour préparer de futurs acteurs de la santé animale à l’émergence de nouvelles affections, liée aux changements climatiques aussi bien qu’à la mondialisation des échanges.

Objectifs sanitaires versus économie : intérêts divergents ou coopération ?

« L’approche sanitaire, surtout pour des maladies qui n’ont pas d’impact en santé publique, ne peut pas être la seule à prendre en considération.» La prévention des maladies animales suit une volonté politique et économique. Pour des industriels, connaître les orientations gouvernementales est une priorité pour déterminer vers quelles maladies s’orienter. Le problème des affections peu fréquentes, en voie d’extinction ou d’apparition, reste le même : il faut disposer de moyens suffisants au bon moment, et
garder des stocks n’est pas toujours rentable. L’attribution de priorités en matière de santé animale se fait d’après le statut déterminé par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), mais aussi selon les politiques d’action choisies. Quand une maladie est éradiquée, le maintien ou non de moyens de lutte relève de la responsabilité du gouvernement, mais « ne doit pas être uniquement supporté par l’Etat », insiste Monique Eloit, en réponse à une critique sur la pénurie de tuberculine intervenue cet hiver. Comme le précise un participant, « les laboratoires vont devoir mettre la main à la pâte » . Dans une optique de mutualisation des moyens, une coopération plus importante entre les secteurs public et privé sera à développer. Dans le cadre des maladies émergentes, c’est
encore plus net : le choix de développer des vaccins pour une maladie qui n’existe pas ou
peu dans nos pays a des impacts économiques et logistiques à prendre en considération lors de l’élaboration des stratégies de lutte. Il est certain que la prévention revient moins cher que l’apparition d’une crise, mais encore faut-il que des normes existent et soient reconnues par tous.

S Padiolleau

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1322

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