25/03/2010 | Le Point Vétérinaire.fr

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Abattage rituel : inventaire de pratiques, croyances et régulations

Pas facile de concilier le bien-être animal et le droit fondamental à la liberté religieuse. Les participants du projet européen Dialrel en savent quelque chose. Depuis octobre 2006, ils étudient l’abattage rituel sous toutes les coutures.

Le but : promouvoir le dialogue et faciliter l’adoption de bonnes pratiques. Les 15 et 16 mars derniers, 80 législateurs, chercheurs vétérinaires, sociologues, représentants des communautés religieuses concernées, etc., se sont réunis à Istanbul pour la conférence finale du projet. L’occasion de faire un pas en avant sur ce sujet délicat.
« Pour la première fois, nous disposons de statistiques sur le nombre d’animaux concernés, d’explications sur les motivations des consommateurs halal et casher, et du recensement le plus complet jamais réalisé sur les aspects vétérinaires dans le cadre de l’abattage sans étourdissement préalable », s’est félicitée notre consœur Nancy de Briyne, directeur exécutif adjoint de la Fédération vétérinaire européenne (FVE). Pour cette dernière, l’abattage sans étourdissement préalable est inacceptable. Dans les faits, cela n’est pas si simple et les législations des pays membres divergent beaucoup.
« La saignée sans étourdissement au préalable pose le risque le plus élevé pour le bien-être animal (…). De plus, la douleur, la souffrance et l’anxiété pendant la coupe et la saignée sont hautement probables », souligne un rapport, réalisé par deux confrères, qui précise la base physiologique de la douleur, de la peur et du stress, ainsi que les principes de la contention, en comparant les différentes méthodes d’abattage. « La plupart des bovins semblent perdre conscience entre 5 et 90 sec après la coupe [dans le cadre d’un abattage sans étourdissement préalable, Ndlr]. Cependant, en conditions expérimentales, un regain de conscience durant plus de 5 min est observé. » La plupart des petits ruminants semblent perdre conscience dans les 2 à 20 sec après le début de la saignée, même si un regain de conscience peut durer jusqu’à 2 min. Autre constatation choquante, une enquête dans 18 abattoirs de plusieurs pays européens montre qu’une à six coupes au minimum sont nécessaires pour sectionner les vaisseaux majeurs de la gorge pour l’abattage rituel des ovins, et une à soixante pour les bovins.
Outre ces constatations, l’évolution du marché halal et casher et la façon d’instaurer et de contrôler des normes minimales de bien-être dans les abattoirs ont également alimenté les débats.

Karin de Lange
Abattage rituel conforme à la législation. Comme l'animal est étourdi, le technicien n'est pas obligé d'attendre la saignée complète avant l'accrochage. Cela entraîne une amélioration de la cadence.
Visionner la vidéo

Plus d’informations dans La Semaine Vétérinaire n° 1398 du 26/3/2010 en pages 12-14.

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