Sait-on piéger le frelon asiatique ?

Tanit Halfon | 27.04.2017 à 14:56:37 |
Piégeage expérimental des ouvrières à l’Inra
© K. Monceau – Inra

Les stratégies actuelles de lutte contre le frelon se heurtent à la réalité du terrain : sa population ne semble pas diminuer, et continue son extension en France et en Europe. Tous les acteurs de la filière s’accordent aujourd’hui à dire que la destruction des nids est utile. Le piégeage ne récolte pas les mêmes faveurs.

Vespa velutina est un fin stratège. Depuis son arrivée en Aquitaine en 2004, il a su rapidement s’étendre et envahir 70 % du territoire français. Avide de protéines pour nourrir ses larves, ce redoutable prédateur déploie des techniques de chasse particulièrement efficaces, visant notamment l’abeille domestique. Ce qui lui a valu son inscription sur la liste des espèces nuisibles de 2e catégorie. En Asie, dont il est originaire, sa population est régulée grâce à la présence d’autres espèces de frelons. En Europe, elle ne repose jusqu’à présent que sur la mobilisation des acteurs de la filière apicole, ainsi que des services publics. En 2013, une note de la DGAL, fruit de la collaboration entre l’administration, les professionnels et les scientifiques, a défini les « mesures de surveillance, de prévention et de luttes permettant de limiter l’impact » de l’insecte, et dont la mise en œuvre repose sur la destruction des nids et le piégeage. Mais ce dernier s’avère plus complexe que prévu.

Connaître le cycle du frelon pour mieux le chasser
Chaque printemps, les femelles fondatrices, fécondées en automne, se mettent en quête du site idéal pour y construire chacune leur propre nid et y pondre leurs œufs. « Il faut du matériel végétal, de l’eau et de la nourriture pour la reine et ses futures larves », indique Denis Thiéry, directeur de recherche de l’UMR Save, Inra de Bordeaux. On peut ainsi trouver des nids à proximité des étendues d’eau, des supermarchés ou, de manière générale, des zones riches en déchets alimentaires (agglomérations). La reine seule chasse rarement les abeilles, et trouve les protéines indispensables aux larves dans la chair d’autres insectes (guêpes, papillons, etc.) ou parmi les détritus. Une cinquantaine de jours après la ponte émergent les premières ouvrières (vers mai-juin), qui commencent à chasser (les abeilles, entre autres) aux alentours du mois de juillet. La pression de prédation sur l’abeille domestique augmente ensuite de façon exponentielle jusqu’au mois de novembre. À l’automne émergent les mâles et les futures fondatrices, qui quittent le nid et s’accouplent. Les femelles fécondées vont alors hiberner jusqu’au retour des températures printanières (supérieures à 10 °C). Les mâles et le reste de la colonie meurent.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 30-31 de La Semaine Vétérinaire n° 1717.

Tanit Halfon
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