Utiliser la phytothérapie chez les animaux producteurs de denrées alimentaires

12/05/2016 | Le Point Vétérinaire.fr
huile essentielle
© Botamochi – iStock

Avec le plan ÉcoAntibio 2017 et en raison des limites d’utilisation des médicaments chimiques, les éleveurs sont demandeurs de solutions naturelles de santé, comme la phytothérapie. Or, la majorité des substances végétales ne peuvent entrer dans la composition de spécialités vétérinaires destinées à des animaux producteurs de denrées en raison de l’absence de LMR. Les prescrire implique l’application du temps d’attente forfaitaire sous la responsabilité du praticien. Exposé des problématiques soulevées.

L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) relatif à la saisine n° 2014-SA-0081 sur l’évaluation des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) de médicaments vétérinaires à base de plantes a été rendu en février 2016. Pour répondre à une demande d’alternatives aux antibiotiques, le décret n° 2013-752 du 16 août 2013 a chargé un groupe de travail de proposer des moyens d’allégement des dossiers d’AMM pour ces médicaments, afin de limiter les coûts, qui sont les freins à leur développement. Toutefois, le rapport d’expertise pointe trois limites majeures à la délivrance d’une AMM pour les animaux producteurs de denrées.
Le premier élément est l’obligation d’évaluation des limites maximales de résidus (LMR) des substances, afin de déterminer un temps d’attente.
Le second point limitant mis en exergue par le groupe de travail est l’obligation d’identification des substances contenues dans la plante, en tenant compte des variabilités de compositions possibles : la concentration en constituants à activité thérapeutique (totum) doit se situer dans l’intervalle de valeurs accepté dans la pharmacopée de façon à assurer une qualité constante de la “drogue” végétale. Ainsi, la réalisation des profils chromatographiques est essentielle avant toute utilisation. Pour Claude Faivre, cela implique des connaissances scientifiques de la part des utilisateurs et la prescription paraît nécessaire : or, elle n’est pas autorisée autrement que par un recours à la cascade.
Enfin, le troisième point est la documentation des aspects d’innocuité (toxicité, tolérance) et d’efficacité.

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 44-49 de La Semaine Vétérinaire n° 1674.

Lorenza Richard

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