Scandale en abattoir : une enquête est ouverte dans le Gard

23.02.2016 à 16:12:44 |
Abattoir
© Miha9000 - iStock

Les traitements infligés aux animaux à l’abattoir du Vigan (Gard) et dévoilés ce mardi mettent de nouveau le feu aux poudres.

L’association L214 a diffusé ces images qui se répandent sur la toile et a déposé une plainte auprès du procureur de la République d’Alès. Les conditions d’abattage de bovins, moutons et cochons y sont pointées. Une enquête est ouverte et menée par la brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires avec la brigade des recherches de la gendarmerie du Vigan.

L’abattoir vient d’être fermé à titre conservatoire. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, « condamne avec la plus grande fermeté ces pratiques intolérables et a immédiatement diligenté une enquête de la Brigade nationale d’enquête vétérinaire et phytosanitaire afin de mettre un terme à ces pratiques inacceptables, de faire toute la lumière sur les faits dénoncés et de déterminer les responsabilités » explique t-il dans un communiqué de ce jour. Et de réaffirmer son indignation face à des pratiques inacceptables, il rappelle qu’il « a fait de la protection animale une priorité d’action pour son ministère ». Dès novembre 2015, il a notamment donné instruction aux Préfets de s’assurer de la prévention de tout acte de maltraitance lors de l’abattage. Bis repetitas alors qu’en octobre dernier, de mauvais traitements infligés à l’abattoir d’Alès avaient fait l’objet d’une vidéo aussi de l’association ?

L’œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA) présidée par notre confrère Jean-Pierre Kieffer déplore « ces actes inqualifiables sont la conséquence d’une formation insuffisante des opérateurs d’abattoirs et surtout d’une surveillance vétérinaire inexistante au poste d’abattage » explique le communiqué de ce 23 février du directeur de l'OABA Frédéric Freund. « Quatre mois après le scandale de l’abattoir d’Alès, l’OABA comme l’ensemble de nos concitoyens attendaient rapidement des mesures permettant de faire respecter les exigences réglementaires relatives à la protection animale en abattoirs. Dans une lettre commune du 26 octobre 2015, 11 ONG de protection animale ont interpellé le ministre de l’Agriculture et demandé une inspection immédiate et renforcée de tous les abattoirs ».

Le 9 février dernier le directeur de cabinet du Ministre de l’Agriculture répondait que « l’opportunité de généraliser les inspections des établissements d’abattage […] n’a pas été retenue ». En sera-t-il de même de la proposition de résolution à la création d'une commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français, déposée par la sénatrice Sylvie Goy-Chavent, le 17 novembre dernier s’interroge l’OABA ? « Nous savons que le ministre de l’Agriculture ne veut pas en entendre parler, tout comme il a refusé de lire le rapport de la mission sénatoriale d’information sur la filière viande qui, en juillet 2013, préconisait d’« imposer des contrôles physiques des vétérinaires au poste d’abattage, pour toutes les espèces et suivre les incidents d’étourdissement ou d’égorgement » (proposition n° 39 du rapport final) » ajoute l’OABA. « Dans nombre d’abattoirs, les animaux sont abattus de façon cruelle en raison d’une absence récurrente de vétérinaires inspecteurs, comme l’ont souligné à maintes reprises les rapports de l’OAV (Office Alimentaire et Vétérinaire) de la Commission européenne ».
Selon Jean-Pierre Kieffer « ce ne sont pas les vagues promesses qui seront prochainement faites par le ministre lors du lancement de la « Stratégie nationale 2016-2020 pour le Bien-être animal » qui rassureront nos concitoyens qui, à force de scandales, se détournent de plus en plus de la viande, amplifiant ainsi le malaise et la crise de nos éleveurs ».

Sylvie Goy-Chavent demande à nouveau une commission d’enquête sur les abattoirs qui a été refusée jusque là.

A lire aussi : 
"Je ne baisserai pas les bras face à ce déni de démocratie". La Semaine Vétérinaire n°1655 du 18 décembre 2015

Le rapport du Sénat prône des services de contrôle renforcés. La Semaine Vétérinaire n°1549 du 30 août 2013

"Si le consommateur n'a plus confiance, il faut en tirer les conséquences". La Semaine Vétérinaire n°1553 du 27 septembre 2013

11 commentaires
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Marie-Claude Jeandot Bordage, Vétérinaire le 24-02-2016 à 08:55:03
C'est absolument scandaleux et toute la profession doit faire bloc pour faire pression sur les autorités afin de supprimer tous ces agissements infâmes .Il en va de notre crédibilité.
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Marie-Claude Jeandot Bordage, Vétérinaire le 24-02-2016 à 08:55:04
C'est absolument scandaleux et toute la profession doit faire bloc pour faire pression sur les autorités afin de supprimer tous ces agissements infâmes .Il en va de notre crédibilité.
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IRIS le 24-02-2016 à 09:20:31
Profondément insupportable , effectivement la profession doit garantir des protocoles décents d' abattage ...Dans la CEE, et parmi les pays importateurs , afin de garantir notre crédibilité , un label ???
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Tiloute le 24-02-2016 à 10:54:24
Honteux, insupportable. Comment des êtres humains arrivent à réaliser ce travail ? Que tous les vétérinaires puissent se mobiliser, faire connaître cette réalité au grand public. Soutien à toutes les associations qui s'y mêleront? Haut les coeurs, après le haut-le-coeur...
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Tiloute le 24-02-2016 à 10:55:13
Honteux, insupportable. Comment des êtres humains arrivent à réaliser ce travail ? Que tous les vétérinaires puissent se mobiliser, faire connaître cette réalité au grand public. Soutien à toutes les associations qui s'y mêleront? Haut les coeurs, après le haut-le-coeur...
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Tiloute le 24-02-2016 à 10:55:27
Honteux, insupportable. Comment des êtres humains arrivent à réaliser ce travail ? Que tous les vétérinaires puissent se mobiliser, faire connaître cette réalité au grand public. Soutien à toutes les associations qui s'y mêleront? Haut les coeurs, après le haut-le-coeur...
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opposant institutionnel le 24-02-2016 à 11:56:43
Alès - Le Vigan, deux points communs : un même département (une même DDPP en assurant le contrôle…), l'affirmation (fausse!) que seuls les végétariens militants se préoccupent de la souffrance animale (rappellera-t-on l'ancien et opiniâtre travail de l'OABA?). Les situations sont très différentes : à Alès, on notait de sévères dysfonctionnements méritant un sérieux recadrage, voire des PV de contravention pour mauvais traitements, au Vigan il s'agit d'actes de cruauté (justiciables du Tribunal correctionnel).
Une remarque encore : depuis l'affaire Charal (Metz), il serait impossible de filmer dans des gros abattoirs industriels… (où d'ailleurs le professionnalisme est sans doute une espèce de garantie...)

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Tazie le 24-02-2016 à 12:42:18
Que peut-on faire, chacun de notre côté ou tous ensemble, pour faire bouger les choses?
Ecrire? Quelles sont les instances les plus efficaces?
Merci.
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veto retraité le 25-02-2016 à 18:34:15
Que peut-on faire?

Fermer ce genre de structure qui abat pèle mêle porc ovin bovin pour 250- 300 tec/an.
bien évidemment l'abattoir n'a pas les moyens et le personnel qualifiés quand aux services d'inspection il n'est pas possible de mobiliser un technicien des SV en "permanence" et encore moins un vétérinaire inspecteur. Le bio c'est gentil mais cette production connaît rapidement ses limites.
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Sylvain Duport, Vétérinaire le 26-02-2016 à 06:09:13
Bonjour,
Vétérinaire Officiel contractuel à 60%, je travaille au sein du SIV de l'abattoir "municipal" de Montguyon, abattoir multi espèce, 3000 T par ans, deux techniciens. C'est un petit abattoir pour les non connaisseurs. Je suis membre de l'AVOC qui regroupe les vétos d'abattoir vacataires, je vous propose un résumé des échanges que nous avons eut.

Actes inacceptables je suis 100% d'accord et qui devraient être sanctionnés. Nous ne sommes pas dans des pratiques normales, mais en présence d'un comportement sadique.

Le Code Pénal prévoit 2 ans d’emprisonnement et 30 000€ d’amende, et nous espérons tous que la justice sera rendu.

J'attire votre attention a ne pas l'amalgame entre cruauté envers les animaux, l'abattage et la consommation de viande.

Il y a des pédophiles, des meurtiers . . . cependant tous les humains n'en sont pas (et j'en suis heureux).

bonne journée,

Sylvain
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veto retraitée Drôme le 02-03-2016 à 23:04:02
Je découvre ces pratiques scandaleuses et inhumaines. C'est en effet du sadisme et cela doit être sanctionné sévèrement.
Le travail en abattoir n'est pas facile, certes, mais les animaux n'ont pas à être maltraités, il y a des règles à respecter.
Et : oui il y a des individus horribles parmi les êtres humains, mais il faut les punir et ne pas généraliser ...
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