La santé animale mondiale au programme à Bruxelles

09/12/2015 | Le Point Vétérinaire.fr
Bernard Vallat au Parlement européen
© OIE
Notre confrère Bernard Vallat, directeur général de l’OIE, est intervenu au Parlement européen de Bruxelles début décembre, pour un échange de vues avec les parlementaires de la Commission de l’Agriculture et du développement durable.

Le contexte international de croissance de la population mondiale et d’augmentation continue de la demande en protéines animales a été rappelé. Bernard Vallat, directeur générale de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), a par ailleurs rappelé l’évolution des risques sanitaires mondiaux : « le monde de l’élevage est aujourd’hui fortement impacté par les risques sanitaires associés à la globalisation des échanges d’animaux et de produits ainsi qu’aux effets du changement climatique favorisant les vecteurs de maladie » a souligné notre confrère, appelant les parlementaires à soutenir les programmes de santé animale non seulement aux échelles nationale et régionale, mais aussi mondiale. « On estime aujourd’hui que près d’un milliard de personnes pauvres en milieu rural comptent sur la possession d’animaux pour survivre. La protection du capital animal des pauvres doit en conséquence faire partie des politiques de réduction de la pauvreté dans les pays en développement car posséder un cheptel est souvent une étape clef pour échapper à la pauvreté ».

Le danger des récentes controverses en matière des impacts planétaires des relations entre l’homme et l’animal a également fait l’objet d’un développement important. « Que ce soit en matière d’influence de l’élevage sur le changement climatique ou de potentiel cancérigène des produits carnés, il faut aborder ces sujets extrêmement complexes avec la plus grande rigueur scientifique et ne pas laisser l’émotion ou la philosophie l’emporter lors de l’interprétation de certaines données », a rappelé Bernard Vallat. « Les nombreuses données contradictoires que l’on voit publiées ne doivent pas non plus amener à sous-estimer les aspects positifs de l’élevage pour l’homme à l’échelle mondiale, que ce soit en termes nutritionnels ou de réduction de la pauvreté, mais aussi du fait qu’un tiers de la planète ne peut pas être exploitée autrement que par les ruminants qui transforment les ressources herbacées naturelles en produits de haute qualité nutritive. L’abandon de ces territoires conduit à des situations extrêmement préoccupantes au niveau environnemental ou sécuritaire ».

L’importance du maintien d’un maillage territorial vétérinaire étroit a également été rappelée, basée sur des professionnels disposant d’une formation de haut niveau et à l’éthique garantie par des organismes statutaires vétérinaires encadrant la profession vétérinaire. Seul un tel maillage permet la mise en place de mesures de surveillance efficace, de détection précoce et de réponse rapide aux foyers de maladies animales pouvant mettre en danger tant les populations animales domestiques et sauvages que la santé humaine. Ce réseau vétérinaire doit aussi avoir pour mission de superviser et d’encadrer l’usage des antibiotiques pour les animaux. Sur l’exemple de la peste porcine africaine cité par un parlementaire, Bernard Vallat a rappelé l’importance d’une collaboration étroite avec les acteurs de terrain que sont les chasseurs, afin de détecter au plus tôt les foyers qui toucheraient les animaux sauvages et de réguler les populations de sangliers de manière équilibrée.

Source : OIE

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