« La phéromonothérapie est en plein essor »

05/11/2015 | Le Point Vétérinaire.fr
Patrick Pageat, co-fondateur de l’Institut de Recherche en Sémiochimie et Ethologie Appliquées
© Patrick Pageat

L’usage des phéromones en médecine vétérinaire est promis à un essor dans les années à venir, avec en particulier le développement de sémiochimiques qui permettront d’obtenir des effets neurophysiologiques et comportementaux sans équivalent dans la nature.

Notre confrère Patrick Pageat, co-fondateur de l’Institut de Recherche en Sémiochimie et Ethologie Appliquées (Irsea), consacre ses recherches à ces molécules et fait le point sur les applications à venir.


Quelle est la place de la phéromonothérapie en médecine vétérinaire ?
La phéromonothérapie en médecine des carnivores domestiques est aujourd’hui une technique médicale de premier plan pour le traitement des troubles comportementaux, la gestion et la prévention des situations de stress chez ces espèces. Récemment, la Fédération équestre internationale a autorisé l’usage de la phéromone maternelle équine en compétition. Enfin, il est important de souligner que la phéromonothérapie est en train de s’installer dans les fermes, où elle permet de concilier bien-être et productivité.


Quelles sont les domaines de recherche sur les phéromones ?
Une nouvelle période est en train de s’ouvrir grâce à la meilleure compréhension des mécanismes d’action et des interactions avec les sécrétions neurohormonales. Jusqu’à présent, nous avons reproduit les messages phéromonaux émis par les animaux. Aujourd’hui, nous commençons à comprendre l’organisation structurale de ces sécrétions, le rôle de chacun des composants, et nous avons commencé à produire ce que nous appelons des sémiochimiques de seconde génération, grâce auxquels nous pouvons obtenir des effets neurophysiologiques et comportementaux sans équivalent naturel.


Quelles seront les applications des sémiochimiques de deuxième génération ?
Le chat est le premier sur lequel nous avons travaillé, afin de résoudre une difficulté majeure de la clinique comportementale féline : les conflits entre chats. Nous sommes parvenus à créer un sémiochimique qui bloque les manifestations de marquage urinaire, tout en induisant des interactions paisibles entre les chats impliqués dans le conflit. Des essais sur situation induite, dans nos chatteries, ont été complétés par des essais cliniques et nous sommes aujourd’hui en phase de développement galénique.

Article extrait d’une interview à paraître dans La Semaine Vétérinaire pages 24-25 n° 1649 du 6/11/2015.

Propos recueillis par Thomas Brément

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