Rapport ‘Viandes rouges et cancer’ : une cocotte-minute à retardement ?

27/10/2015 | Le Point Vétérinaire.fr
viande rouge
© gbh007 – iStock
Le Centre international de recherche sur le cancer a évalué la cancérogénicité de la consommation de la viande rouge et de la viande transformée. Et ses conclusions sont… difficiles à digérer !

Un rapport saignant ! Alors que l'élevage porcin et bovin est en pleine crise en France, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), met les filières viandes sur le grill. En effet, le 26 octobre dernier, l’OMS a rendu public un rapport qui classe « la consommation de la viande rouge comme probablement cancérogène pour l'homme, et la viande transformée (essentiellement la charcuterie) comme cancérogène pour celui-ci ». Ce rapport sème la confusion, d’une part sur la dénomination des viandes dites ‘rouges’. Pour le CIRC : « la viande rouge fait référence à tous les types de viandes issus des tissus musculaires de mammifères comme le bœuf, le veau, le porc, l'agneau, le mouton, le cheval et la chèvre », donc à l'exception des volailles. Ce qui n’est pas l’avis de tous les professionnels des filières d'élevage. Par ailleurs, « les viandes transformées désignent pour leur part les viandes transformées par salaison, maturation, fermentation, fumaison ou d'autres processus mis en œuvre pour rehausser leur saveur ou améliorer leur conservation », toujours selon le CIRC. La plupart de ces viandes transformées, désormais classées « cancérogènes », contiennent du porc ou du bœuf, mais peuvent donc aussi contenir de la volaille, des abats ou des sous-produits carnés comme le sang.

Notre ministre intervient

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll a immédiatement réagi à ce rapport. « Je ne veux pas qu’un rapport comme celui-là mette encore plus la panique chez les consommateurs », a-t-il déclaré. Et d’ajouter qu’ « au delà d’un certain niveau de consommation, on peut avoir un cancer. On le savait déjà. On peut et on doit consommer de la viande mais on doit le faire de manière raisonnable ». Notre ministre de tutelle a plaidé pour la mise en place de recommandations sur la fréquence de consommation de viandes plutôt que pour un ‘bannissement’ de celle-ci.

De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a travaillé sur le sujet en 2011, mettait déjà en évidence une relation convaincante entre consommation de viandes rouges ou de viandes transformées (charcuteries) et augmentation de la probabilité de développer certains cancers. Les recommandations de l'Anses visent à limiter la consommation de viandes à 500 gr par semaine au plus et à varier les sources de protéines animales (œufs, viandes, poissons) et les types de viandes. L’Agence souligne par ailleurs que les cancers sont des maladies complexes, résultant de l'interaction entre un grand nombre de facteurs de nature génétique, comportementaux (tabagisme, pratique d'une activité physique, …) ou encore de nature environnementale au sens large, donc y compris l'alimentation. 

Nathalie Devos

Les dernières réactions

  • 27/10/2015 à 21:27
    Laurent Masson, Vétérinaire
    alerter
    Il a vraiment des mecs payés à rien faire que de triturer de la statistique pour nous sortir des conclusions inutiles voir même criminelles.
    Tout est toxique , ce n'est qu une question de doses... mais delà à dire que la viande est "probablement" cancérogène c'est ridicule.

    Coluche disait quand on n'a que ça à dire, il vaut mieux fermer sa g...
  • 28/10/2015 à 01:12
    nf
    alerter
    Attention !çVive tue !
  • 28/10/2015 à 09:06
    jacques coq
    alerter
    bof ! ils découvrent l'eau chaude ?
    ça fait 40 ans que ce lien est établi de manière scientifique, mais avec des consommations de viande extrêmes, à l'instar de celle des Américains, qui en mangent des quantités ahurissantes, plus de 2 fois plus que nous. c'est curieux que ce rapport sorte maintenant, je me demande quel lobby est derrière cette non-info.
  • 28/10/2015 à 11:33
    Nicoleveto
    alerter
    Ah oui, l'OMS !!! C'est cette organisation qui nous prédisait une épidémie dévastatrice de Kreuzfeld-Jacob, une pandémie mondiale de grippe H1N1 et la fin de l'humanité à cause d'Ebola?
    Toutes ces affections ont fait moins de mort dans le Monde que la Grippe saisonnière en France.
    L'OMS est une organisation spécialisée dans la prédiction alarmiste dont les crédits alloués par les États membres dépendent des menaces (réelles ou pas) sanitaires mondiales. Le virus Ebola maintenant circonscrit, le H1N1 pas assez virulent pour faire peur aux gouvernements, il fallait bien faire faire parler d'eux... A moins que la COP 21 est les émanations méthanisantes des ruminants soit passée par là ????
    Je ne sais plus qui disait "Le lit est l'endroit ne plus dangereux du Monde: on y meurt le plus souvent."

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