La césarienne programmée du chien, une demande des éleveurs en croissance

17/09/2015 | Le Point Vétérinaire.fr
Vétérinaire pratiquant une césarienne sur une chienne
© FR09000/Istock

Alors que la césarienne réalisée en urgence reste associée à un risque de mortalité pour la mère et sa portée, les éleveurs sont de plus en plus demandeurs d’une délivrance programmée, plus sûre et confortable.

La pratique des césariennes programmées est vouée à se développer dans les structures canines qui comptent des éleveurs dans leur clientèle. « Les éleveurs doivent faire face à une concurrence féroce, en particulier du Bon Coin », témoigne Emilie Rosset, diplomate ECAR et praticienne au centre d'Etude et de Recherche en Reproduction et Elevage des Carnivores (CERREC) de VetAgroSup. « Le moindre chiot mort entraine un manque à gagner. Or, la césarienne programmée permet d’obtenir des résultats équivalents à une mise-bas eutocique. En pratique, les éleveurs nous sollicitent quand ils ont déjà eu des problèmes de mortinatalité ou dans les races à risque ».

Article extrait de La Semaine Vétérinaire du 18/09/15, p 22

Valentine Chamard

Les dernières réactions

  • 17/09/2015 à 16:45
    enzo
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    Un gag ? Les structures qui proposent des césariennes programmées devraient a minima s'assurer d'être ouvertes toutes l'année et au moins durant les périodes de programmation de ces chirurgies. Car convaincre un éleveur de l'intérêt voire du caractère indispensable de la manoeuvre et faire assumer les actes par d'autres n'est pas très raisonnable. Alors oui, mais un partenariat complet et réel avec l'éleveur.
  • 17/09/2015 à 17:52
    kiki
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    en effet j'ai déjà vécu cela une nuit de week end...
  • 18/09/2015 à 09:49
    pc
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    Ce sera sans moi ! Je suis pour la sélection naturelle et la césarienne programmée a pour défaut de sauver des animaux fragiles qui mourraient en mise-bas naturelle ou césarienne en urgence. La sur-médicalisation de la reproduction canine me semble une grosse erreur sur le long terme pour l'espèce.
  • 19/09/2015 à 12:16
    opposant institutionnel
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    En réponse à "pc" : Si des éleveurs (soit par passion, soit par appât du gain, par orgueil ou par réel désir d'obtenir des animaux d'exception) sélectionnent des hyper-types (avec un recours à nos services), on peut soit se faire plaisir en offrant une technicité toujours améliorée ou bien (en se privant d'approfondissement de nos compétences et... d'honoraires légitimes) affirmer des convictions. Le choix offert n'est absolument pas déshonorant.
  • 19/09/2015 à 14:52
    enzo
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    Et le bien être animal dans tout cela ?
  • 19/09/2015 à 17:42
    pc
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    Voilà ! L'hypertype, c'est tout le contraire du bien-être animal et nous sommes en première ligne pour dire non fermement à des souffrances infligées à des êtres vivants pour des raisons esthétiques (animaux de compagnie) ou alimentaires (veaux culards ). Quand ça arrive malgré tout, je suis volontiers là pour gérer l'urgence et réagir au mieux de mes possibilités mais quand c'est programmé, déterminé d'avance, je me sens plus à l'aise en refusant d'entrer dans le jeu et en expliquant clairement mon point de vue qu'en profitant de la situation pour me faire techniquement et scientifiquement plaisir tout en arrondissant mon compte en banque. C'est un problème éthique, pour moi. Le bouledogue anglais asphyxique de naissance, ça me fend le cœur ...
  • 19/09/2015 à 17:44
    pc
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    Heureusement pour moi, je travaille avec du chien de chasse au gros gibier, pour l'essentiel de mon activité chirurgicale canine; le genre de chien pour lequel, à vingt kilos de poids vif, la sonde trachéale de 9 est parfois un peu petite !
  • 19/09/2015 à 17:48
    pc
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    Donc, en réponse à " opposant constitutionnel" qui craint pour mes compétences, je les approfondis en gérant des pneumothorax ouverts agrémentés de hernie diaphragmatique ou des doubles entérectomies sur un Gascon Saintongeois en hypothermie plutôt qu'en faisant des liftings de narines de carlin ou de bouledogue. Au fond, le soleil brille pour tout le monde !
  • 19/09/2015 à 19:28
    Guillaume Collignon, Vétérinaire
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    Au passage, je ne suis pas certain qu'une mise-bas naturelle, avec douleur plus ou moins importante au passage de chiots plus ou moins gros soit préférable à une bonne césarienne sous AG en ce qui concerne le bien-être animal. Autrement dit, pour répondre à "PC", je ne sais pas dans quel cas la souffrance est la moindre ?
    Peut-être que les 70% de consoeurs ayant eu des enfants avec ou sans césarienne pourraient nous éclairer sur cette question ?
  • 21/09/2015 à 09:33
    kiki
    alerter
    Sélection naturelle ou élevage ? Un vaste sujet de discussion...
    La césarienne est pour moi une solution économique qui garantit un revenu à l'éleveur, hypertype ou pas.
  • 21/09/2015 à 09:56
    pc
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    ça tombe bien vu que je suis une consœur ayant accouché deux fois. Bon, on ne va pas dire que c'est indolore mais à choisir entre un accouchement par les voies naturelles et un accouchement par césarienne, je choisis sans hésiter la première solution pour pouvoir poupougner bébé dès la sortie, avant que le cordon soit coupé. En outre, ayant, du fait de mon sexe, participé à de nombreux accouchements de chiennes et chattes par les voies naturelles, sur des parts dits laborieux où il y a de fortes chances qu'un confrère masculin se soit jeté illico sur le bistouri, là où je commence par une perfusion de glucose-ocytocine car pour moi l'accouchement est naturel et non morbide, je dirai que la souffrance de la chienne à l'expulsion est bien inférieure à celle de la femme, au vu du comportement d'icelle.
    Une espèce pour laquelle l'accouchement est visiblement douloureux, c'est la chèvre mais il faut bien qu'elle supporte cette douleur car la césarienne est économiquement discutable.
    N'oubliez pas, mes chers confrères, qu'on appelle les douleurs de l'accouchement "le mal joli", tant la récompense est formidable et la douleur oubliée en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.
  • 21/09/2015 à 10:06
    pc
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    Quand on a soi-même accouché, à une époque où ce n'était pas encore trop surmédicalisé, donc sans péridurale et tout à fait naturellement, on prend la mise-bas avec plus de sérénité, que ce soit en rurale ou en canine.
  • 21/09/2015 à 10:12
    pc
    alerter
    et pour recentrer le débat sur le sujet de départ, je pense, en tant que professionnel de la santé animale, qu'il n'est pas sain pour l'espèce canine que nous encouragions la naissance de chiots issus d'une mère qui est incapable d'accoucher par les voies naturelles. On va vers une dégénérescence inéluctable en favorisant cette option.
    On doit encourager l'accouchement eutocique, tout en étant disponible ou remplaçable H24 pour une césarienne en cas de besoin, ce qui peut toujours arriver à la mieux conformée des chiennes.

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