Filière apicole : quelle place pour les vétérinaires ?

Serge Trouillet | 03.09.2015 à 12:21:53 |
Prélèvement de larve dans une ruche
© Christophe Roy

La décennie 2010 marque une inflexion notable concernant les possibilités d'implication de la profession vétérinaire dans le secteur apicole. États généraux du sanitaire, loi d'avenir agricole, ou encre ouverture du mandatement en apiculture élargissent l'horizon de la filière pour les vétérinaires.

L’apiculture n’étant pas pour l’heure un gage de fortune, les vétérinaires qui s'y intéressent sont des passionnés. Libéraux, salariés du privé ou du public, tous ont une compétence apicole complémentaire. Mais pour quels débouchés possibles ? La voie historique, pour s'impliquer dans la filière, est celle du conseil dans le cadre du plan sanitaire d’élevage (PSE). Traditionnellement, la gestion du médicament vétérinaire et le conseil, en apiculture, sont le fait de coopératives ou de groupements de producteurs, qui sont aussi des groupements de défense sanitaire (GDS), lesquels font appel à des vétérinaires, libéraux ou salariés, pour couvrir ces PSE. Ils sont environ soixante-dix en France.
Jusqu'à très récemment, c'était le principal débouché pour un vétérinaire dans ce domaine. Celui-ci, en effet, n'est pas un acteur privilégié par les professionnels de la filière. Ces derniers sont attachés à leur autonomie ou sollicitent le cas échéant ceux que l'on appelait jusqu'à octobre 2014 les agents sanitaires apicoles1. Dépendant des directions départementales de la protection des populations, ils sont aujourd'hui en pleine mutation professionnelle. Devenus des techniciens sanitaires apicoles (TSA), ils ne sont désormais autorisés à effectuer certains actes de médecine apicole que sous la responsabilité et l'autorité d'un vétérinaire2. Une évolution favorable à l'implication de ce dernier dans une filière qui lui ouvre peu à peu ses portes.

Une recherche de compétences favorable aux vétérinaires
La création du diplôme interécoles (DIE) d'apiculture et pathologie apicole en 2005, celle de la commission apicole de la SNGTV (société nationale des groupements techniques vétérinaires) en 2009, et le mandatement en apiculture ouvert aux vétérinaires en 2015, pour des missions sanitaires officielles, sont autant d'étapes ayant accru l'intérêt des vétérinaires pour la santé de l'abeille.

Des exemples d'ouverture
Une piste de développement intéressante concerne l'expertise en assurances. Le vétérinaire peut être missionné pour vérifier la réalité d'un sinistre, en identifier les causes et estimer le préjudice subi par l'apiculteur : une voiture qui écrase des ruches, une mortalité avec la mise en cause d'insecticides, un voisin céréalier ou arboriculteur qui épand des produits de façon irrespectueuse de la réglementation, etc. Une autre grande piste d'avenir devrait s'ouvrir bientôt pour les vétérinaires, celle de la certification des élevages apicoles. Il sont confrontés à l'absence d'une garantie sanitaire à l'achat, contre la mortalité, contre les maladies. Un vrai besoin de certification s'impose, une piste prometteuse tant pour la crédibilité des vendeurs que pour la tranquillité des acheteurs.

1 Loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt, du 13 octobre 2014, article 47.
2 Arrêté ministériel du 16 janvier 2015.

Retrouvez l’intégralité de ce dossier en pages 38 à 43 de La Semaine Vétérinaire n° 1640.

Serge Trouillet
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