Vaccination contre la rage dans les régions endémiques

10.08.2015 à 10:04:23 |
Risque rabique chez les chiots dans les régions endémiques
© MickyWiswedel-istock

Une étude conclut à l’intérêt de vacciner même les jeunes chiots de moins de 3 mois dans les régions endémiques de rage.

La rage tue environ 60 000 personnes chaque année. L’Afrique et l’Asie en payent le plus lourd tribut. Comme le rappelle régulièrement notre confrère Bernard Vallat, la vaccination large des chiens permettrait d’éradiquer cette maladie. Le message de l’OIE est donc la vaccination des chiens, qui sont la principale source de rage dans les pays en voie de développement, et la mobilisation des bailleurs de fonds pour rompre la transmission entre cette espèce et l’homme.

Dans les régions endémiques de rage, le nombre de jeunes chiens atteints pas le virus est élevé, et ceci inclut les chiots de moins de trois mois qui représentent un risque grave de santé publique (des études révèlent 7,6% à 17,4% de chiens de moins de trois mois parmi ceux atteints de rage). Le risque est donc réel, d’autant qu’il y a souvent une plus grande proximité dans les interactions entre les chiots et les hommes. Cette incidence plus élevée de rage chez les jeunes sujets pourrait être liée à une moindre couverture vaccinale dans ces classes d’âge. En effet, il est couramment admis que le système immunitaire du chiot est immature et que des anticorps maternels inhibent la séroconversion au vaccin antirabique. Les recommandations internationales de vaccination préconisent d’ailleurs une vaccination à partir de 12-14 semaines d’âge.

Pour évaluer cette perception, des chercheurs d’universités vétérinaires au Royaume-Uni étudient les titres en anticorps neutralisants de 27 chiots vaccinés avec un vaccin inactivé contre la rage à trois mois d’âge ou en deçà. Ce focus fait partie d’une large étude sérologique menée dans des provinces d’Afrique.
Tous les chiots ont montré une séroconversion à une dose unique de vaccin, sans réaction secondaire, avec des titres en anticorps au pic post vaccinal s’échelonnant de 2 UI/ml à 90,5 UI/ml.
A la lumière de ces résultats et au regard du risque humain de contracter la rage au contact des chiots, les auteurs recommandent la vaccination de tous les chiens dans les zones endémiques de rage, y compris ceux de moins de trois mois.

Marine Neveux

A lire aussi :
• Source : Veterinary Record 2015;177:150 doi:10.1136/vr.102975
La rage, une maladie toujours d’actualité. La Semaine Vétérinaire n°1619 du 27 février 2015
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