Kétoprofène et Ibuprofène dans l’eau : sans risque pour l’homme

23/07/2015 | Le Point Vétérinaire.fr
bouteille d’eau
© Dsw4
L’Anses considère que la présence de ces deux anti-inflammatoires dans les eaux destinées à la consommation humaine ne présente pas de risque sanitaire.

Dans son analyse des risques liés aux résidus de médicaments présents dans les eaux destinées à la consommation humaine, l’agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a étudié deux anti-inflammatoires courant, le kétoprofène (utilisé chez l’homme et les animaux) et l’ibuprofène (destiné à l’homme). L’évaluation des risques sanitaires conclue à une absence de risque pour les deux anti-inflammatoires, aux doses d’exposition généralement constatées en France. Elle ne peut conclure pour le métabolite majeur de l’ibuprofène, le carboxibuprofène, pour lequel les données, notamment toxicologiques, manquent.
 
Chez les animaux, le kétoprofène est généralement métabolisé après son administration, et éliminé par l’urine en proportions variables selon l’espèce : 90 à 93 % de la dose est éliminée sous forme métabolisée chez les bovins (réduction de la fonction carbonyle) alors que chez le cheval la concentration urinaire du métabolite est inférieure à celle du kétoprofène.
Dans l’environnement, le kétoprofène subit soit une photodégradation (UV, soleil), soit une biodégradation, dont les mécanismes sont moins bien connus, mais qui constitue la principale voie d’élimination dans les sols.
Dans les eaux destinées à la consommation humaine, une concentration comprise entre 3 à 8 ng de kétoprofène par litre est généralement décrite, (3 constitue la limite de détection) avec un maximum observé de 36 ng/L noté en France. Pour l’ibuprofène, des concentrations inférieures à 0,6 ng/L ont été notées dans des prélèvements issus du bassin versant de l’Hérault, et une concentration nulle dans les eaux en bouteilles (dans d’autres pays des concentrations allant jusqu'à une centaine de ng/L ont été relevées). 

Un plan national sur les résidus
Les potentiels résidus médicamenteux dans l’eau suscitent depuis longtemps des inquiétudes. L’Anses se penche depuis 2006 sur cette question. Premier constat dressé ces dernières années : ce sont les eaux brutes de surface (avant traitement) qui sont les plus contaminées, mais ce sont des résidus de médicaments humains qui y sont en quasi-totalité retrouvés (87 %) et seuls 10 % des résidus de médicaments vétérinaires. Fin 2010, un rapport de l’Afssa à l’époque montrait que le trio de tête des médicaments les plus souvent détectés était constitué des antidépresseurs, puis du paracétamol, puis des AINS (kétaprofène, l’hydroxy-ibuprofène et l’acide salicylique). Au printemps 2011, Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l’Ecologie, avait lancé un “Plan national sur les résidus de médicaments dans l’eau 2011-2015”, avec l’objectif est de mieux connaître ces risques et de prévenir cette contamination.

D’autres études
Cet avis de l’Anses ajoute donc une pierre à l’édifice des travaux menés ces dernières années sur le sujet. En effet, l’agence a déjà appliqué cette « méthode générale d’évaluation des risques sanitaires liés à la présence de résidus de médicaments dans les eaux destinées à la consommation humaine à un médicament à usage humain fréquemment retrouvé dans les eaux » (la carbamazépine, utilisée pour ses propriétés antiépileptiques, neurotropes et psychotropes) et à des antibiotiques vétérinaires, dont la danofloxacine. Pour la carbamazépine et la danofloxacine, un avis avait été remis en février 2013 et avait conclu à un risque négligeable. En outre, en février 2014, un autre avis avait aussi conclu pour deux autres antibiotiques vétérinaires, la tylosine et le florfénicol, à un risque sanitaire négligeable.

Stéphanie Padiolleau et Marine Neveux

A lire aussi :
Les eaux contaminées par des médicaments … humains. La Semaine Vétérinaire n°1439 du 25 février 2011

Un plan pour mesurer l’effet cocktail des molécules dans l’eau. La Semaine Vétérinaire n°1454 du 10 juin 2011
 

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