Le Conseil Constitutionnel va se prononcer sur les combats de coqs

22/07/2015 | Le Point Vétérinaire.fr
Combat de coqs
© Istock-SAKDAWUT14
Les sages vont devoir trancher à la fin juillet sur cette « tradition » encore présente dans certaines régions françaises.

Si la majorité des pays occidentaux condamnent cette pratique, en France, ces combats sont encore autorisés dans certaines localités où la tradition est ancrée : dans le Nord-Pas-de-Calais, la Réunion, la Guyane, les Antilles et la Polynésie. En chiffres, dans le Nord, c'est plus d'un millier de coqueleurs et une cinquantaine de gallodromes, à la Réunion, cinq gallodromes officiels, et sans compter les lieux clandestins. « Ailleurs, la pratique est interdite et les contrevenants s'exposent à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende » explique l’AFP. Ces pratiques sont régulièrement dénoncées par les associations de protection animale, en témoigne le courrier en février dernier de la Fondation Brigitte Bardot adressé au préfet de la région Nord Pas-de-Calais.
Le débat a ainsi été relancé ce mardi 21 juillet avec une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par l’avocate de deux Réunionnais qui étaient poursuivis pour avoir ouvert un nouveau lieu de combat de coqs à Sainte–Marie. C’est donc au Conseil Constitutionnel de se prononcer sur l’interdiction de la création de nouveaux gallodromes.

Si le Code pénal (article 521-1) réprime les sévices et actes de cruauté envers les animaux, une exception est notée pour les courses de taureaux (corrida) et les combats de coqs « lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».
Selon l’avocate des Réunionnais concernés, « la loi du 8 juillet 1964, visée par la QPC, qui a aligné l'exception culturelle des combats de coqs sur celle des corridas, déjà prévue dans la loi de 1963 réprimant les actes de cruauté envers les animaux, "avait pour but de rétablir une égalité de traitement entre une tradition du sud de la France (les corridas) et une autre du nord (les combats de coqs)»  rapporte l’AFP… « Pour le représentant du gouvernement, au contraire, l'interdiction des nouveaux gallodromes trouve sa justification dans la volonté du législateur d'instaurer une exception culturelle "momentanée" pour les combats de coqs qui vaudra tant qu'ils subsisteront dans les régions où ils sont déjà implantés mais qui "doit déboucher à terme sur l'extinction de cette pratique" ».

Les associations de protection animale s’inquiètent de cette question et de cette pratique qu’elles jugent « barbare », en effet, ces combats de plusieurs minutes entre deux coqs aboutissent à des mutilations, des blessures graves, voire à la mort de l’animal (les ergots peuvent d’ailleurs être rabotés et remplacés par des aiguilles ou des lames métalliques).

En France, ce débat, comme celui de la corrida, revient régulièrement sur le devant de la scène, mais il se heurte à des lobbies. En juin 2010, Muriel Marland-Militello, députée UMP des Alpes-Maritimes et vice-présidente du groupe d’étude parlementaire sur la protection des animaux, présentait, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à abolir la corrida et les combats de coqs. « L’argument d’une tradition ininterrompue m’apparaît comme un motif plutôt léger, poursuivait alors Muriel Marland-Militello. Les réticences des députés à l’inscrire à l’ordre du jour montrent bien que ceux qui refusent cette proposition de loi ont peur qu’elle soit votée si elle passe devant l’Hémicycle. »

A suivre ...

Marine Neveux

 

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