Se regrouper, tout en gardant son indépendance

26/03/2015 | Le Point Vétérinaire.fr

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Les regroupements de vétérinaires se développent en France sous des formes diverses, conformes à la directive “services”. Pour autant, le modèle anglo-saxon de chaînes de cliniques, financées par des fonds de pension, n’émerge pas dans notre pays. Le souhait marqué d’indépendance des praticiens libéraux et la rentabilité limitée des structures en sont la principale raison.

L’inévitable expansion des groupes de cliniques vétérinaires en France n’est-elle qu’un fantasme ? Pierre Buisson, président du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL), estime que ce modèle de développement ne correspond pas, en tout cas aujourd’hui, à celui majoritairement souhaité par les vétérinaires de notre pays : « Les grandes structures grossissent toujours davantage, mais la tendance à conserver des petites entités reste forte. Les deux tiers des vétérinaires travaillent dans des cabinets comprenant deux associés au maximum, et près de 40 % d’entre eux ont choisi l’exercice individuel. Nous voyons même apparaître des modes d’exercice inédits, comme ces cabinets où n’exercent que des libéraux qui effectuent des ouvertures partielles et vivent un temps de travail limité ! »
Avec la mise en œuvre de la directive “services” et depuis le décret d’application de l’été 2010 notamment, les regroupements de vétérinaires ont toutefois été notablement simplifiés. Un praticien a la possibilité d’exercer dans plusieurs sociétés ; une société peut regrouper plusieurs cliniques sans limitation du nombre de sites ni de zones géographiques ; l’effectif des vétérinaires salariés n’est pas restreint non plus. Thomas Crochet, avocat aux barreaux de Paris et de Toulouse, observe à cet égard que ces dispositions constituent « une ouverture considérable : elles ne se retrouvent pas chez les autres professions de santé ». De nombreuses structures multisites ont ainsi essaimé en France, ces dernières années, toutes activités confondues.

Retrouvez l’intégralité de cet article en pages 29 à 34 de La Semaine Vétérinaire n° 1623.

Serge Trouillet

Les dernières réactions

  • 26/03/2015 à 16:28
    Nicolevéto
    alerter
    Le désintérêt des investisseurs pour le marché des soins vétérinaires est, à n'en pas douter, un vœux pieux de ceux qui pensent encore que notre profession peut continuer à s'exercer sur un modèle fixé dans les années 60. La profession vétérinaire a bien changé car son environnement a radicalement changé créant de nouvelles menaces et de nouvelles opportunités. Un vétérinaire aujourd'hui est une espèce de Superman(woman) à qui l'on demande non seulement un champs de compétence hors du commun pour une profession libérale (je rappelle qu'à 9h00 un vétérinaire est chirurgien, devient radiologue à 12h00 puis endocrinologue vers 15h00 pour finir à 19h00 comme psychologue, et j'ai oublié l'obstétricien de 17h30 en urgence), mais de plus, le vétérinaire est devenu, en partie du moins, un commerce de proximité (je ne vais pas me faire des amis en prononçant ces mots, mais il faut être réaliste si on veut progresser) par la vente de croquettes, laisses et divers accessoires pour animaux de compagnie ce qui l'oblige à exercer de nouvelles compétences de merchandiser, gestionnaire de stock, vendeur et négociateur. A cela se rajoute une conjoncture économique difficile le plongeant dans l'analyse de ses comptes pour comprendre les raisons de la baisse de sa rentabilité et un code du travail de plus en plus complexe qui génère de fait un insécurité juridique et sociale permanente.
    Bref, le vétérinaire d'aujourd'hui ne PEUT PAS S'EN SORTIR SEUL!!!
    Le modèle des années 60 (puis-je parler d'âge d'or) est complètement dépassé par la multitude de domaines que le vétérinaire doit maîtriser dans sa pratique quotidienne.
    Les patrons des chaînes de cliniques vétérinaires anglaises ou américaines l'ont bien compris, et offrent à leurs salariés la tranquillité d'esprit de se concentrer sur leur métier en échange d'un salaire modeste et de l'absence de capitalisation sur la clientèle ou les locaux.
    La France est un des premiers marchés pour l'animal de compagnie, elle fait forcément partie de la stratégie d'expansion de ces entreprises et quand elle décideront de la conquérir, il sera difficile de leur résister. (connaissez vous l'histoire de l'armée mexicaine?)
    Afin de redevenir vétérinaire, je lance donc un appelle à tous les confrères: "rassemblez vous en supra-structures capitalistiques (type holding) devront prendre en charge ce que l'on appelle les fonctions "support" comme les RH, le marketing (et oui il en faut), la communication (toujours déontologique), la négociation (avec les labos), l'informatique, le foncier, etc..
    Ce n'est pas une renonciation à votre indépendance, c'est je pense un geste de reconquête de votre destiné et la meilleure manière de dissuader l'arrivée des fonds de pensions dans le financement des cliniques. (voir "L'art de la Guerre" du général Sun-Tzu)
    Je ne vais pas rentrer plus dans les détails, mais il y aurait un livre à écrire sur le sujet, j'espère juste faire réagir.
    Confraternellement
  • 27/03/2015 à 09:29
    Guillaume Collignon, Vétérinaire
    alerter
    Bonjour,
    Effectivement, il y a matière à réagir, car, comme dans tout propos un peu provoquant, il y a une bonne part de vérité...
    Mais pragmatiquement, que peu de confrères apprécieront de faire une césarienne à 2H du matin en se disant que ce sera un vil actionnaire inconnu ou un gérant en costume-cravatte qui en palpera les bénéfices.
    Parallèlement, aucun fond de pension n'a envie d'investir dans nos structures peu rentables, qui peinent souvent à rémunérer décemment leurs salariés et leurs gérants.
    Enfin, l'un des piliers de notre indépendance, qu'il s'agisse de médecine, de prescription, de domaines d'activités, etc, tient justement au fait que ce sont les PRATICIENS qui sont majoritairement PROPRIETAIRES et GERANTS de leurs structures. Cela se comprend tout à fait, car l'essence même de notre métier est l'implication à la limite de la passion, ce qui est bien plus en accord avec le statut de chef d'entreprise multicompétent (et hypercompétent !) qu'avec celui du salarié qui fait son travail de médecin sans se préoccuper particulièrement des choix stratégiques à long terme de son entreprise. Et si le principe des hyperstructures regroupées a un avenir en canine, il en a beaucoup moins en mixte, où la relation humaine de proximité a une importance considérable, et où le praticien a besoin de maîtriser les tenants et aboutissants de tous ses choix.


    Les deux modèles se tiennent, et d'ailleurs cohabitent, mais notre maillage territorial, un des piliers de notre profession, ne peut exister que par la présence de ces "petites" structures assurant le service de proximité en milieu rural.

    On pourrait imaginer que c'est le gros qui veut manger le petit, ou la ville qui veut manger la campagne, mais je préfère que ces deux modes d'exercice cohabitent et soient complémentaires.
Enfin, l'un des piliers de notre indépendance, qu'il s'agisse de médecine, de prescription, de domaines d'activités, etc, tient justement au fait que ce sont les PRATICIENS qui sont majoritairement PROPRIETAIRES et GERANTS de leurs structures. Cela se comprend tout à fait, car l'essence même de notre métier est l'implication à la limite de la passion, ce qui est bien plus en accord avec le statut de chef d'entreprise multicompétent (et hypercompétent !) qu'avec celui du salarié qui fait son travail de médecin sans se préoccuper particulièrement des choix stratégiques à long terme de son entreprise. Et si le principe des hyperstructures regroupées a un avenir en canine, il en a beaucoup moins en mixte, où la relation humaine de proximité a une importance considérable, et où le praticien a besoin de maîtriser les tenants et aboutissants de tous ses choix.


Les deux modèles se tiennent, et d'ailleurs cohabitent, mais notre maillage territorial, un des piliers de notre profession, ne peut exister que par la présence de ces "petites" structures assurant le service de proximité en milieu rural.

On pourrait imaginer que c'est le gros qui veut manger le petit, ou la ville qui veut manger la campagne, mais je préfère que ces deux modes d'exercice cohabitent et soient complémentaires.'>

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