Face aux inquiétudes, le ministère tente de rassurer

Marine Neveux | 30.10.2014 à 18:24:40 |
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Les journées annuelles de l’Association vétérinaire équine française (Avef) étaient couplées aux rencontres syndicales cette année à Pau. Elle ont réuni près de 600 participants.

« Je suis un client assidu, un fondu de chevaux et un père de vétérinaire, a déclaré en guise d’introduction François Bayrou, maire de Pau et éleveur de chevaux, lors du temps politique de ces rencontres. C’est principalement une vocation qui devient ensuite une profession intéressante, car l’animal est le contact avec la nature, quelle que soit l’espèce, que nous recherchons si profondément. »

« Assurer un périmètre économique »
Jean-Yves Gauchot, président de l’Avef, a alerté sur le burn-out et le suicide des vétérinaires équins, dont la détresse est accrue par l’exigence de la clientèle, des banques, des charges sociales, etc. Ces praticiens s’investissent fortement, avec des horaires hebdomadaires qui dépassent 60 heures, et aussi financièrement dans le matériel, sans que le retour soit la hauteur. « Nous sommes au bas de la rémunération des professions réglementées », a-t-il indiqué.
Ces confrères participent pourtant au maillage vétérinaire tant plébiscité. « En retour, vos vétérinaires n’ont pas été entendus par votre ministre », a souligné Jean-Yves Gauchot en interpellant notre consœur Anne-Laure Fondeur, représentante du ministère de l’Agriculture. Il a également été constaté que le décret sur l’ostéopathie et la dentisterie n’avait toujours pas été publié. Concernant l’acte vétérinaire, « une dérogation a été permise », a rappelé le président de l’Avef. « Nous souhaitons nous appuyer sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé animale », mais le service juridique du ministère « traîne des pieds. C’est dommage alors que d’autres veulent aussi élargir les dérogations à l’échographie, l’identification, etc. ».

Le ministère de l’Agriculture veut rassurer

Dans une vidéo projetée devant l’assistance, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a mis en exergue l’engagement réciproque du ministère et de notre profession sur l’antibiorésistance : « Les chiffres montrent que nous avons progressé dans ce domaine et je me félicite de notre coopération. » Évoquant l’article 48 de la loi d’avenir : « Nous allons aussi dans la précision du cadre dans lequel nous inscrivons notre politique. Un cadre législatif avec des objectifs parfaitement calés, où vous vous êtes engagés et vous allez continuer à le faire ». Le ministre se veut rassurant : « Le débat sur le découplage est derrière, il n’y a pas d’inquiétude dessus. » Dans les couloirs et lors des discussions, le spectre de l’Europe n’apaise pas autant les confrères !
La représentante du ministère a renchéri avec ardeur par des propos rassurants : « Pour vous conforter (…), le gouvernement n’entend pas rouvrir les prérogatives liées aux professions réglementées, en particulier aux vétérinaires. » La question d’un éventuel découplage prescription-délivrance « est derrière nous ». La représentante du ministère a également expliqué que concernant « les ouvertures des professions de santé, la profession vétérinaire était déjà en avance sur le sujet avec la loi Ddadue. Donc, aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de relancer le débat ».
« Il n’est pas question de rouvrir les dits monopoles, cela n’a jamais été envisagé pour les vétérinaires ». Et de conclure : « J’ai bien entendu l’impression de mépris relatif aux professionnels des animaux de compagnie. Il s’agit d’une fausse impression. Aujourd’hui s’ouvre un débat, il faut absolument que vous en soyez les premiers acteurs. »

Retrouvez l'intégralité de cet article en pages 14 à 16 de La Semaine Vétérinaire n° 1603 et 1604

Marine Neveux
4 commentaires
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veto retraité le 30-10-2014 à 20:57:07
Notre profession doit rester vigilante à propos du découplage. prescription - délivrance. Il ne faut en aucun cas croire les dires du conseiller du ministre. quel que soit le ministre.. Je pense que le "dossier" prescription - délivrance est un dossier qui sera d'une actualité permanente. La profession ne doit que compter sur elle même pour survivre.
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lancelot le 31-10-2014 à 21:42:07
Messieurs nos representants Losque vous etes face a un representant du ministere c'est le moment ou jamais de faire preuve d'un peu d'audace et de proselytisme car c'est pour ca qu'on vous a elu, pas pour vous faire des gueuletons ou vous vous emouvoir du burn out des veterinaires! Vous avez deja abandonne la dentisterie, l'osteopathie, bientot l'identification et l'echographie !
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ROBERT TELLIER, Vétérinaire le 31-10-2014 à 22:46:57
Cher Confrère Lancelot,
Ne soyez pas plus virulent qu'il ne faut par rapport aux représentants de notre profession. Vous évoquez la dentisterie et bien j'ai eu l'occasion de verbaliser un pharmacien d'officine pour vente irrégulière de DOMOSEDAN pour 88 unités à une "dentiste équine" prénommée Cécile. Le pharmacien ne voulant pas me donner l'identité de cette dentiste équine j'ai eu dans les mains deux factures concernant les cessions de DOMOSEDAN sans que le nom du client soit mentionné ,en d'autres termes ,le pharmacien savait parfaitement qu'il était dans l'illégalité. Cette affaire s'est déroulée dans le 77, j'ai contacté plusieurs vétérinaires équins dont certains sont bien connus et même très reconnus pour leur demander s'ils connaissaient un (e) dentiste équin ou connaissaient des "dentistes équins" dans ce département. Plusieurs mois se sont passés et j'attends toujours une réponse. J'étais prêt pour faire un article 40 mais faut-il encore que le puisse le faire, il me faut un minimum de documents..Les vétos ont les représentants qu'ils méritent.
Robert Tellier
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FW dubitatif le 05-11-2014 à 00:11:32
Des noms de "dentistes" illégaux, qui massacrent notre clientèle en faisant, au passage, au travail d'une qualité très irrégulière, il n'en manque malheureusement pas, cher confrère Tellier, je pense qu'il faudrait renouveler votre demande auprès des confrères du 77, car je pense qu'ils n'ont as eu votre message !
En ce qui me concerne, je reste encore bouche bée, connaissant l'efficacité de JY Gauchot et son implication dans la dentisterie "vétérinaire", qu'il ait laissé il y a quelques années le collectif des illégaux nous tirer une balle, que dis-je, un obus, dans le pied, avec cette histoire. D'aucuns nous rétorqueront qu'il était initialement prévu de nous couper la jambe...
Cependant, il n'est pas encore trop tard pour que nous, la jeune génération de vétérinaires, menions une lutte acharnée contre ces illégaux dont l'absence de déontologie n'a d'égale que l'irrégularité de leur formation : MORT AUX DENTISTES NON VETERINAIRES !
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