01/09/2014 | Le Point Vétérinaire.fr

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Rapport de l'IGF

Numerus clausus. « Insister davantage relèverait d’un acharnement »

La suppression du « numerus clausus » est évoquée dans le fameux rapport de l’Inspection générale des finances pour plusieurs professions, dont les vétérinaires.

Une piste à suivre ou un discours ressassé ? La question a été posée à Michel Baussier, président du Conseil supérieur de l’Ordre.

Michel Baussier : Il y a un malentendu sur la signification d’un « numerus clausus » pour une profession.
Cela a pleinement du sens quand on parle du contingentement du nombre de professionnels en exercice sur un territoire donné. C’est le cas par exemple des notaires. Cette notion pouvait d’une certaine façon être appliquée aux vétérinaires de France jusqu’en 1982 : il y avait trois écoles vétérinaires auxquelles l’accès était sévèrement limité et les vétérinaires en exercice, tous français, étaient forcément issus de l’une de ces trois écoles. Il y avait donc de fait un « numerus clausus » d’exercice. Ce n’est plus le cas depuis qu’en 1982, par transposition de directives communautaires datant de 1978, tout vétérinaire ayant la nationalité de l’un quelconque des Etats membres de l’Union et un diplôme de l’un quelconque des Etats membres a pu venir s’installer librement. Il n’y a aucune limite. De surcroît trois vétérinaires peuvent parfaitement s’installer le même jour dans la même rue ! Je me suis installé à cette époque ; au cours de ma carrière, l’effectif professionnel a été multiplié par quatre : qui parlerait de profession protégée ? Qui oserait parler de malthusianisme ? Aujourd’hui 25% des vétérinaires en exercice ont bénéficié d’une reconnaissance automatique de leur diplôme. Connaissez-vous beaucoup de professions aussi ouvertes et accueillantes ? Insister davantage relèverait d’un acharnement malveillant.

On évoque alors pour nous dans le rapport un « numerus clausus » de formation. Comment pourrait-il en être autrement ? La fonction de limitation de l’accès aux établissements d’enseignement supérieur (grandes écoles de surcroît) n’a pas pour objectif de limiter le nombre de personnes en exercice, il est tout simplement le résultat des moyens dont dispose l’Etat pour former ses vétérinaires ! Ils ne paraissent pas illimités et les directeurs de ces établissements apprécieront, je crois, la litote. Formation coûteuse au demeurant. Le gouvernement doit simplement s’interroger sur les moyens qu’il est prêt à mettre dans ses services vétérinaires (au sens large du terme, publics et privés) et la formation de ces professionnels qui, du reste, ne se destinent pas qu’à la médecine vétérinaire mais seront aussi des chercheurs, des enseignants ou bien exerceront des activités diverses et variées ou occuperont des postes de responsabilité tout aussi divers et variés. Ce « numerus clausus » de formation correspond tout simplement aussi et surtout au fait de sélectionner à l’entrée les personnes intellectuellement aptes à recevoir cet enseignement et assumer plus tard les responsabilités attendues d’eux. Contrairement à ce qu’a pu laisser entendre le Professeur Elie Cohen lors d’une émission télévisée récente, la formation initiale d’un vétérinaire est sensiblement différente de celle d’un coiffeur ou d’un chauffeur de taxi.

Propos recueillis par Marine Neveux

Découvrez l’intégralité de l’article sur le rapport de l’IGF dans La Semaine Vétérinaire du 29 août 2014

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