03/07/2014 | Le Point Vétérinaire.fr

© © Michel Bertrou

Loi d’avenir

Le débat sur le découplage revient devant le Parlement et dans la presse

Les députés acceptent de reporter de deux mois l’interdiction des remises arrière sur les antibiotiques pour les contrats « en cours » à la date de promulgation de la loi prévue pour la fin de l’année.

Ce n’est sans doute pas une coïncidence. Jeudi 26 juin 2014 au soir, les députés de la commission des affaires économiques ont adopté en seconde lecture le projet de loi d’avenir de l’agriculture et son article 20. Ce dernier interdit toute remise et tout contrat commercial incitatif sur les antibiotiques. Les amendements des pharmaciens, qui demandent le découplage prescription-délivrance, sont rejetés par une majorité de députés et par le gouvernement.
Le dimanche 29 juin, au petit matin, le quotidien Le Parisien et son édition nationale Aujourd’hui en France titrent en une : « Le juteux business des vétérinaires ». Puis en pages 2 et 3 : « Le scandale des médicaments vétérinaires ». Quels sont ces « scandale » et « juteux business » ? Il s’agit évidemment de la vente des médicaments par les vétérinaires prescripteurs.

Les pharmaciens syndicalistes remontent au créneau
Avant le dépôt de ce projet de loi devant le Parlement le 13 novembre 2013, le débat sur le découplage avait culminé le 6 novembre, avec la grande manifestation “antidécouplage” des vétérinaires. Cependant, dès le 4 novembre, Marisol Touraine, ministre de la Santé, favorable au découplage défendu par ses conseillers médecins, avait dû se ranger à la position de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, en faveur du maintien du réseau des vétérinaires, donc au couplage. Dans ce débat de l’automne, les pharmaciens n’étaient pas intervenus. Les plus impliqués d’entre eux, poursuivis dans des affaires pour délivrance illégale, avaient sans doute déjà fort à faire pour organiser leur défense.
Ainsi, lors de la première lecture, à l’Assemblée nationale le 14 janvier dernier, puis au Sénat le 14 avril, aucun amendement proposant un découplage partiel ou total n’avait été déposé par les pharmaciens. Stéphane Le Foll avait prévenu que le gouvernement s’y opposerait.
Changements de saison et de gouvernement pour la seconde lecture qui s’ouvre à l’Assemblée nationale : le lobby des syndicats des officinaux qui défendent le découplage s’est mobilisé.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans La Semaine Vétérinaire n°1592 en pages 14 et 15.

Éric Vandaële

Les dernières réactions

  • 03/07/2014 à 17:48
    AGIR au lieu de réagir....
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    Et si on était pro-actif en proposant quelque chose comme un prix de médicament vétérinaire unique comme en humaine.... pas de négociation, pas de marge arrière, pas de différenciation véto-véto, véto-pharmacien,... pas de GIE chronophage, une information délégué uniquement technique,... des antibio critiques associés à un examen, à une analyse bactériologique, à un premier traitement de 1ère intention, etc,... ça me semble être dans l'intérêt de la profession
  • 05/07/2014 à 10:37
    Guillaume Collignon, Vétérinaire
    alerter
    Eh bien, mobilisons le lobby des vétérinaires ! Après tout, nous sommes en droit de nous défendre tant qu'il n'est pas trop tard.
    Et effectivement, le prix unique du médicament serait un bon élément pour couper l'herbe sous le pied à cette tentative de destruction de notre profession. Mais cela impliquerait, en interne, que les vétérinaires cessent de considérer leurs confrères comme des concurrents, ce qui est un des tabous dans notre profession...
  • 07/07/2014 à 17:34

    alerter
    Le prix unique du médicament est indispensable si on souhaite continuer à pouvoir délivrer les médicaments vétos et aussi redorer notre image. Comment ne pas passer pour un "voleur" quand le prix d'un médicament peut varier du simple selon le véto qui le vend. Comment accepter qu'en l'absence de contrat passé avec un laboratoire, un véto peut acheter certains médicaments plus cher qu'un éleveur.
    La majorité des labos privilégie l'activité mercantile à l'information des vétos. J'en veux pour preuve l'absence de visite de délégué si on ne passe pas de contrat avec le labo.
    Depuis de nombreuse années, les vétos ont profité de remises commerciales importantes, voir aberrantes des labos. Aujourd'hui, ce système va se retourner contre nous (merci les labos et merci... aux vétos qui n'ont pas su dire non à toujours plus de remises!!!). Arrêtons de faire l'autruche!
    Je déplore le comportement de nombreux confrères qui ont participé à la grève des vétos et qui aujourd'hui encore (comme hier et demain sans doute) continuent à négocier des remises sur les AB, délivrent des AB critiques sans examen de l'animal ( ou suivi réel de l'élevage et non avec un BSE réalisé en 10min sur un coin de table qui n'apporte rien si ce n'est continuer à délivrer n'importe comment les médicaments et décrédibiliser la profession).
    Arrêtons de dévaloriser nos actes en pratiquant des sous-tarifs et délivrant des conseils gratuits aux éleveurs, en se rattrapant sur la vente de médicaments.
La majorité des labos privilégie l'activité mercantile à l'information des vétos. J'en veux pour preuve l'absence de visite de délégué si on ne passe pas de contrat avec le labo.
Depuis de nombreuse années, les vétos ont profité de remises commerciales importantes, voir aberrantes des labos. Aujourd'hui, ce système va se retourner contre nous (merci les labos et merci... aux vétos qui n'ont pas su dire non à toujours plus de remises!!!). Arrêtons de faire l'autruche!
Je déplore le comportement de nombreux confrères qui ont participé à la grève des vétos et qui aujourd'hui encore (comme hier et demain sans doute) continuent à négocier des remises sur les AB, délivrent des AB critiques sans examen de l'animal ( ou suivi réel de l'élevage et non avec un BSE réalisé en 10min sur un coin de table qui n'apporte rien si ce n'est continuer à délivrer n'importe comment les médicaments et décrédibiliser la profession).
Arrêtons de dévaloriser nos actes en pratiquant des sous-tarifs et délivrant des conseils gratuits aux éleveurs, en se rattrapant sur la vente de médicaments.'>

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